C'est la fête au bretzel !
Aussi incroyable que cela paraisse, le bretzel bénéficie d'un jour de fête national : le 26 avril.
Mais pas chez nous, aux Etats-Unis.
Et avant d'y faire un tour, je vous propose de mieux connaître ce produit de boulangerie.
Il est vraisemblable qu'il ait vu le jour dans les boulangeries des monastères au Moyen-Age. Une tradition rapporte qu'il a été créé vers 610, dans le sud de la France ou le nord de l'Italie, et que sa forme rappelle celle des bras croisés sur la poitrine, attitude qu'on adoptait à l'époque pour prier. D'autres rapportent qu'il est déjà référencé dans un manuscrit enluminé datant du Ve siècle, le Vergilius romanus conservé au Vatican, mais comme tout ce qui est là-bas est loin d'être accessible, difficile d'en être sûr !
Associé très rapidement au Carême, période pendant laquelle on ne devait manger ni oeufs, ni produits laitiers, ni viande (lard), ce pain rappelait par sa forme que ces 40 jours précédant Pâques devaient être consacrés à la prière et à la pénitence. Son nom viendrait du latin brachiola (petits bras). On voit aussi dans ses 3 trous le symbole de la Trinité.
Ce petit pain a participé à la vie sociale et religieuse au cours du temps ; en particulier, il aurait été donné comme récompense aux bons élèves (Moyen-Age), et dans les années 1600, il symbolisait les noeuds du mariage.
Aujourd'hui, on distingue les bretzels mous (les pains à pâte levée, pochés dans une solution de bicarbonate de soude avant d'être cuits au four) que l'on doit en principe consommer le jour-même, et les bretzels durs (nos biscuits apéritifs), apparus beaucoup plus tard, au XIXe siècle.
Le bretzel illustré (n'oubliez pas de cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
Quelle que soit la date exacte de sa naissance, le bretzel commence à être représenté graphiquement surtout à partir du XIIe siècle, et ces illustrations témoignent de son voyage dans le monde.
Le banquet de la reine Esther et du roi perse Assuerus (Xerxès), Hortus deliciarum, 1190 (à gauche) - Le festin de mariage de Matilda, fille du roi Henri 1er d'Angleterre et de Henry V, futur empereur du Saint Emprire germanique, Chronica maiora, ~1250 (à droite)

Le Hortus deliciarum est un manuscrit enluminé créé à l'abbaye du mont Sainte-Odile (Alsace) et le Chronica maiora est un manuscrit enluminé anglais conservé à Cambridge et à Londres.
Jésus mangeait-il des bretzels ? sans doute non, mais certaines représentations de la Cène les mettent à table :
Parchemin suisse, 1030-1040 (à gauche) - Lectionnaire enluminé, Autriche, 1225-1274 (milieu) - Gravure sur métal, Bavière, 1460 (à droite)
Livre d'heures de Catherine de Clèves (considéré comme le plus beau manuscrit enluminé des Pays-Bas), St Barthélémy, Pays-Bas, ~1440

Bretzels et crackers pour un saint écorché vif, le rapport est lointain !
Boulangers par Job A. Berckheyde, Pays-Bas, 1681
Ce peintre a réalisé d'autres toiles sur ce thème très prisé à l'époque. A noter les présentoirs très actuels des bretzels et la corne qui sert à appeler le client quand le pain est cuit.
Vendeur de bretzels à Vienne, aquarelle, Autriche, 1846 (à gauche) - Femmes suédoises vendant des bretzels, 1881 (à droite)
Le bretzel et la boulangerie
Le bretzel franchit très vite les frontières des Alpes, et il s'implante surtout en Allemagne, en Autriche, en Suisse alémanique et en Alsace pour la France. Il sera très vite utilisé comme emblème des boulangers dès le Moyen-Age, et aujourd'hui encore, il sert d'enseigne :
En Allemagne le bretzel figure dans l'emblème de la guilde des boulangers depuis le XIVe siècle (à gauche et au milieu). La corporation est si puissante qu'elle parraine une fenêtre de la cathédrale gothique de Dinkelsbuhl du XVe siècle (à droite) :
En Autriche, où la corporation des boulangers utilise le même symbole, le bretzel s'illustre dans un vitrail de 1510 avec le blason de la corporation (à gauche) et dans leur sceau datant de la fin du XVIe siècle (à droite) :
En République Tchèque, dans le centre de Prague, on trouve 2 enseignes de boulanger datant de 1656 (à gauche) et de 1678 (à droite), dont le dessin ressemble fort à celui du sceau précédent :
En Alsace, LA bretzel est également l'emblème de la corporation des boulangers et sert d'enseigne à la profession comme à Pfaffenhoffen (1306 ?), Riquewihr (1674), ou Oberbronn (1740) -de gauche à droite) :
Associée à l'ours (qui mange du miel, ingrédient du pain d'épices), LA bretzel devient l'emblème de la corporation des pains d'épiciers. Beaux exemples à Guertwiller (maison Lip) et Strasbourg.
L'Alsace va même plus loin en faisant du marketing territorial avec sa marque partagée Alsace pour promouvoir la région; lancée il y a un an, la marque a pris LA bretzel comme symbole de l'Alsace. NB : Bretzel est un nom masculin ou féminin ; généralement utilisé au masculin, en Alsace, il est féminin.
On trouve aussi des bretzels en bas-relief dans l'Angleterre médiévale, et sur une des faces d'une des pièces de 1 lats en Lettonie, pièces dont la diversité voulue par la Banque de Lettonie se doit d'illustrer le patrimoine du pays.
Le bretzel aux Etats-Unis
Apporté par les allemands et suisses allemands, peut-être dès les premières immigrations, on sait qu'il est très répandu au XIXe siècle en Pennsylvanie, état dans lequel se sont installés majoritairement ces colons (33 % de la population en 1760). C'est d'ailleurs dans cet état que le bretzel dur est inventé en 1850.
Au XXe siècle, les bretzels sont répandus dans tout le pays.
Aujourd'hui, la Pennsylvanie produit 80 % des bretzels aux USA ; l'importance économique que représente ce produit de boulangerie dans cet état a conduit un de leurs gouverneurs à instaurer en 2003 un National Pretzel Day, le 26 avril. En fait, une journée commémorative du bretzel avait déjà été instaurée en 1983. Et c'est un jour férié là-bas !
A quand le jour férié du croissant ou de la baguette chez nous ?
En plus de sa journée en Pennsylvanie, le bretzel est encore fêté pendant 2 mois aux Etats-Unis : le mois d'avril est le mois du soft pretzel (bretzel mou), et celui d'octobre est consacré au bretzel en général.
Aujourd'hui, à l'occasion de la fête au bretzel, j'avais envie de parler d'un petit chat américain qui émeut la communauté internationale depuis décembre dernier : Miss Pretzel, car c'est une demoiselle. Elle a sa page Facebook et presque 18 000 fans aujourdhui.
Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce chat, mais comme j'avais l'impression de voir Oscar, j'ai suivi ses aventures depuis le début.
Tout commence mi-décembre, quand Carmen B. trouve ce chaton d'environ 5 semaines sur une route en Floride : perturbé, agressif, les pattes arrières "tordues", elle pense qu'il a été percuté par une voiture.
Une visite chez le vétérinaire laisse tomber le verdict : il n'y a pas eu d'accident, ce chat "est né comme ça". Malformation congénitale du train arrière, sa patte droite en particulier se retourne vers l'arrière et sur le dos : la rotule est sur l'arrière de la patte, les muscles et les tendons ne sont donc pas en bonne place et tirent de telle sorte que les os vrillent. D'où le nom de Pretzel (bretzel). Les articulations ne sont pas bien conformées et les os ne sont pas alignés correctement. Les conséquences sont bien sûr une altération de la mobilité et de la douleur.
Ceci se devine sur la troisième photo la plus à droite ci-dessus et sur les 2 vidéos suivantes :
quelques jours après son sauvetage,
et une dizaine de jours après son sauvetage :
Pire : un examen ophtalmologique approfondi révèle l'absence de connexion neurologique entre l'oeil et le cerveau. Ce petit chat est aveugle et le sera définitivement.
Carmen décide de la garder et de se battre.
Depuis le début, elle poste un message tous les jours, des photos, des vidéos : c'est Pretzel qui parle, elle a beaucoup d'humour, et nous vivons son quotidien de petit chat espiègle malgré ses handicaps, sa grande amitié avec un des chiens de la maison, Cici, ses bêtises (griffes sur le mur, escalades diverses, squat de la cage aux cobayes).
Pretzel a du caractère, un regard qui ne semble pas aveugle du tout car elle regarde bien droit dans les yeux, et bien des malheurs dès le début de sa petite vie ; elle passe à la télé, reçoit des tas de lettres et de cadeaux, bref, elle séduit de plus en plus.
Mais Pretzel est handicapée et ne peut rester ainsi d'autant plus qu'elle va grandir : après plusieurs examens à l'Université de Floride, deux choix sont proposés :
- soit on ampute tout de suite la patte arrière droite,
- soit on part sur 3 chirurgies réparatrices à 1 mois d'intervalle : genou droit, hanche droite puis genou gauche.
Après réflexion, Carmen opte pour la seconde proposition. On commence d'abord par mettre une attelle pendant quelques semaines pour tirer au maximum sur les articulations et les muscles, puis le temps de la première opération vient. La rotule est rebasculée vers l'avant de la patte, les os sont fixés par des plaques.
Courageuse petite bête, elle joue malgré son bandage, elle grimpe partout, elle a du punch ce qui est de bon augure pour la suite.
Tout se passe bien, Pretzel récupère très vite et une fois le bandage enlevé, utilise sa patte. Comme elle peut car il faut re-axer l'articulation au niveau de la hanche.
Entre-temps, le dons affluent, et la communauté grandit. Certains internautes envoient leurs créations, en particulier ce bretzel entrelacé avec un coeur :
La deuxième opération est réalisée fin mars. Les plaques sont enlevées, l'articulation de la hanche redressée. Pretzel récupère très vite, comme à son habitude, puis certains signes alarment Carmen une semaine après. Le verdict tombe : il y a un problème de circulation sanguine, la patte n'est plus irriguée, et Pretzel est finalement amputée le 11 avril.
Carmen et les vétérinaires auront fait le maximum et les fans auront soutenu au maximum. Beaucoup de déception, mais Pretzel n'est pas abattue. Elle reprend sa vie d'avant et devient maintenant une jolie jeune fille :
Je pense que le programme chrirurgical poursuivra son cours avec l'opération du genou gauche, ce qui devient maintenant nécessaire car il n'y a plus qu'une patte arrière pour supporter tout le poids du corps.
Ce chat est très attachant, ainsi que sa famille adoptive.

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Si vous voulez "devenir fan", c'est ici, chez The Little Kitty that Could.
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Si vous voulez faire un don, c'est ici : donate ou directement via Paypal à cette adresse : sweetdriedroses123yahoo.com (remplacer 123 par @ dans l'adresse)
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Et mangez des bretzels !
Petit coeurs
Pour rester dans les bretzels et les coeurs, voici quelques bonnets bébé réalisés d'après le Heart Hat d'Elizabeth Zimmermann. Juste les photos, mes notes concernant le modèle sont sur Ravelry.
En espérant que le bretzel n'aura plus de secret pour vous, je vous promets de parler plus de tricot la prochaine fois !
Bonne fête du bretzel et faites de beaux rêves !
A bientôt, vale,
Christine
Histoires de pois : Pop Spots shawl le second
"... ma santé ne peut plus tenir à l'hiver barbare qui m'accable au mois d'avril, et aux neiges qui nous environnent, lorsque ailleurs on mange des petits pois." (Voltaire, 19 avril 1767)
Eh bien lui aussi, dans son château de Ferney (Ain), il avait un printemps pourri apparemment ! Et lui aussi, en ce jour de Pâques du 19 avril 1767, il avait froid !
Et lui aussi rêvait de pois, mais pas des mêmes que nous car il ne tricotait pas.
Le pois (Pisum sativum) est à la fois la plante botanique cultivée pour l'alimentation humaine et animale et la graine ronde contenue dans la gousse.
Cultivé depuis 8 000 ans, on l'identifie sur des sites archéologiques, on le cite dans les textes de l'Antiquité. Au Moyen Age, le pois qui se conserve bien à l'état sec est l'une des principales ressources alimentaires du pauvre qui le cuisine avec du lard (déjà !). Le pois n'est pas un légume, mais une légumineuse.
Mais c'est sous Louis XIV que débute la folie du petit pois : le petit pois "frais" arrive à la Cour. Précoce ("légume" de printemps), saisonnier et cher, il est de bon ton d'en raffoler. "Le chapitre des pois dure toujours : l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé, et la joie d'en manger encore, sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours. Il y a des dames qui après avoir soupé avec le roi, et bien soupé, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, au risque d'une indigestion : c'est une mode, une fureur, et l'une suit l'autre." (Madame de Sévigné; 1696).
Mais le pauvre Louis XIV ayant un bout de palais en moins suite à l'arrachage d'une dent les recrache de temps en temps par le nez... Ah ! il devient nettement moins séducteur notre Roi-Soleil ?
Au XIXème siècle, la vogue des petits pois stimule le développement de nouvelles variétés. Puis tout va plus vite.
Fin du XIXe siècle : les bocaux et les boîtes de conserves apparaissent grâce à la découverte de l'appertisation. Mendel pose les bases théoriques de la génétique grâce au petit pois.
1920 : première production de petits pois surgelés.
1926 : la marque "Géant Vert" est créée aux Etats-Unis pour la commercialisation de petits pois "géants" (moi qui croyais que cette marque était liée au maïs...). D'ailleurs, la mascotte initiale porte une gousse de petits pois avant d'être transformée dans ce géant vert que nous connaissons aujourd'hui.
1962 : chez nous, en France, une campagne TV est lancée pour la promotion des légumes en conserve, notamment au petit pois qui représente 48 % de ce marché. Pipiou, ça vous rappelle des souvenirs ? Désolée, je n'ai pas pu résister à ces petites pubs désuètes qui sont si raffraîchissantes dans notre monde devenu dingue. Cliquez sur le piou-piou pour les voir et les entendre (campagnes de 1964-1967).
Tout commence par la fleur : dite papilionacée parce que, ouverte, elle évoque un papillon, elle est belle et gracieuse au point que certaines espèces (les pois de senteur) seront à usage décoratif.
Elles sont tellement jolies ces fleurs, qu'on qualifie de fleur de pois une personne qui se fait remarquer par son élégance ou sa position sociale dans le "grand monde".
Le pois chiche (Cicer arietinum) a donné son nom à la famille Cicéron car un des ancêtres avait une grosse verrue en forme de pois chiche sur le visage. Originaire de la région méditerranéenne, on le mange en salade ou dans le couscous, on le reduit en purée dans l'houmous et les falafels, et on l'utilise dans la socca à Nice (et qu'est-ce que c'est bon mangé dans la rue !).
Le pois mange-tout, ou pois gourmand ou encore pois goulu : une variété dont on mange la cosse, les pois n'étant pas encore à maturité.
Le pois cassé : c'est la graine qu'on a fait sécher et qu'on a décortiquée, et qui se divise en deux. On l'utilise pour faire les purées (de pois bien évidemment).
Le pois de coeur, ou encore coeur des Indes, ou corinde : plante exotique dont les graines sont noires avec une tache blanche en forme de coeur. Plutôt utilisé en médecine traditionnelle.
Je vous épargnerai la princesse au petit pois (conte d'Andersen) dont l'histoire ne dit pas si elle a un petit pois dans la tête pour abandonner le monde végétal au profit du monde du textile et de l'habillage.
Le pois dans la mode
Le pois se sème partout :
même sur la route :
pas top, les spots !
Le pois dans le tricot (enfin, on y arrive...)
Il décore nos accessoires : aiguilles, marqueurs, bol à pelote de laine,
On le tricote de façon traditionnelle en jacquard,

clic sur la pochette pour avoir le patron (in English...)
de façon moins traditionnelle, en rond qui "pop" (voir post précédent) comme la Pop Blanket de TinCanKnits.
Vous vous intéressez au Pop knitting ? Voici un livre bien inspirant, que vous pouvez feuilleter sur Amazon (clic sur l'image). Je l'ai acheté, il contient des idées de construction très intéressantes et plus mettables que ce qui est en couverture !
Mais vous pouvez aussi commencer par popper des pois en tricotant le Pop Spots shawl de Juju Vail. 
Pop Spots shawl IIe, mon Popamoi
Fond en Shetland suprême de Jamieson & Smith, pois en Zauberball de Schoppel-Wolle et bordure en Alpaca de Drops. Détails sur Ravelry.
Le point n'est pas difficile - mais je le fais autrement, et le plus long est la bordure à rattacher. J'ai fait 15 rayures de pois (entre la taille Small et Large) en augmentant sur la dernière rayure en couleur de fond.
En cours de blocage :
Dans le jardin :
J'adore ce modèle, et j'en ai un autre en prévision (Fine Kid de Anny Blatt, Kid Silk de Drops, Crazy Zauberball de Schoppel-Wolle et Alpaga d'Isager :
Je sais que beaucoup attendent la version française du modèle, et j'ai une bonne nouvelle :
les cloches de Pâques l'ont déposée sur Ravelry cet après-midi !
Yes !
A bientôt, vale,
Christine
Pops & peps ou la naissance d'un Pop Spots shawl
Je sentais bien que le printemps approchait (NB : j'ai commencé ce post il y a une semaine...). Des chants d'oiseau différents, une température plus clémente, des jours qui rallongent et surtout, surtout, des petites choses qui surgissent dans la nature : des bourgeons. Et pop !
Ca donne du peps.
Tiens, vous savez d'où ça vient peps ? de l'anglais pep, qui dérive lui-même de pepper (poivre) mais dans son sens d'énergie qui apparaît dès 1847.
Alors comme j'ai de l'énergie, je vais "popper" comme les bourgeons.
Pop
Encore un mot anglais, qui existe lui, depuis 1400, ce qui ne nous rajeunit pas. Pop est d'abord un nom qui désigne un coup associé à un son d'explosion, puis il apparaît en verbe vers 1450 pour signifier "éclater, exploser, apparaître soudainement". Et pop !
Pop : une boisson
En 1812, apparaît une boisson gazeuse entre l'eau pétillante et la bière qui fait sauter les bouchons : on l'appelle pop car en anglais, on dit pop the cork pour "faites sauter le bouchon". Au passage, un bouchon de champagne qui saute décolle à la vitesse de près de 50 km/h soit 15 mètres par seconde, et un bouchon dans l'oeil, ça fait des dégâts, on ne s'amuse pas avec ça. Les services d'ophtalmologie ont d'ailleurs beaucoup de travail dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Ne secouez pas vos bouteilles et ouvrez-les toujours en maintenant le bouchon avec la main et en le dirigeant là où il n'y a personne !
Chez nous, on a du champagne et des boissons gazeuses, mais chez les américains, la diversité règne selon les régions et il devient presque difficile de commander une boisson si on ne respecte pas le langage du coin... Si vous voulez un soft drink, boisson gazeuse en général, parfumée et sucrée, mais surtout l'obtenir, utilisez le bon mot : au nord, Canada inclus, il faudra commander un pop, tandis qu'au sud/sud-est ce sera un coke et par-ci par-là (extrême est, extrême ouest et un peu au centre), un soda.
Le mot soda vient de sodium, car on utilisait des sels de sodium au tout début de la création des boissons gazeuses comme additif. Mais soda, ça veut aussi dire soude en anglais, alors attention avant de boire ! Et pop !
Pop-corn
Si le pop-corn est connu depuis bien avant JC, le mot date de 1819 et signifie maïs éclaté. Mais une seule variété de maïs permet cette transformation. Le grain de maïs, c'est de l'eau et de l'amidon. Quand le grain est chauffé, l'eau se transforme en vapeur et va au centre du grain. L'amidon est repoussé en périphérie et commence à cuire. La vapeur prend plus de place que l'eau dont elle provient, donc la pression interne augmente. Et pop !
Mais le pop-corn qui semble si anodin est un ennemi voire un tueur méconnu. Déjà, pas de pop-corn aux enfants de moins de 4 ans car il y a un risque d'inhalation avec obstruction mécanique des voies respiratoires. Ensuite, on s'est aperçu dans les années 2000 que les ouvriers d'une usine fabriquant du pop-corn micro-ondable présentaient une maladie obstructive pulmonaire, le "poumon popcorn", gravissime. Cette maladie est très fortement liée à la respiration de vapeurs d'un arôme alimentaire articiel à goût de beurre contenant du diacétyle, que l'on soupçonne aussi aujourd'hui d'augmenter le risque de développer la maladie d'Alzheimer. L'an passé, en septembre, un américain a réussi à gagner 7,2 millions de dollars à titre de dommages en attaquant
des fabricants de pop-corn micro-ondable : il a développé un "poumon pop-corn" et a soutenu que c'était dû au fait qu'il en avait mangé, donc fait, tous les jours pendant des années ! Les juges ont suivi ! D'autres procès sont en attente.
Pop-pop : petit bateau (jouet) avec un moteur à vapeur qui reproduit le bruit d'un moteur marin.
Ces petits bateaux sont nés dans les années 20 et ont été très populaires entre les deux guerres.
Ils sont revenus sur scène en 1996 date à laquelle a lieu le premier championnat du monde des bateaux à moteur pop-pop à Loguivy-de-la-Mer, dans les Côtes d'Armor. Vous voulez y aller en 2013 ? Ce sera le samedi 30 mars, informations ici. Et pop !
les pop-up livrés par tonnes sur Internet ;
les Polluants Organiques Persistants (dioxines par exemple) ;
le Post Office Protocol (famille POP3, SMTP, TCP/IP) ;
un pope (à ne pas confondre avec pape, sujet d'actualité) ;
pop-music et pop-art qui explosent peut-être mais dont le pop n'est que l'abréviation de populaire ;
lollipop (anglais, 1784), qui est un pop sur la langue (lolli) c'est-à-dire une sucette ;
pop, film d'animation sorti le 6 mars dernier.
Et pop !
Et Pop Spots
Spot (toujours un mot anglais) apparaît vers 1200 et prend vers 1300 le sens d'endroit particulier, lieu, tache, point, pois, bouton en médecine (et nous voilà repartis dans les bourgeonnements !).
En tricot, ce sont ces délicieuses petites bulles bombées qui parsèment le châle Pop Spots de Juju Vail. 
Modèle que j'ai traduit il y a bien deux semaines, et qui ne devrait pas tarder à apparaître sur Ravelry en français. Et dont je viens de faire une première version, Pops & Peps.
Couleur de fond : fil très fin, inconnu, utilisé en double, laine, mohair ou alpaga ? C'est un peu poilu, Et ça sent le cochon grillé à la flamme.
Couleur des bulles : Creative Reflection de Rico Design. Un peu moins d'une pelote (240 m/50 g).
J'ai fait la taille Small, mais ai rajouté une rayure de bulles, puis 2 rangs de couleur de fond en faisant 16 augmentations en tout (4 sur les bords et 12 au cours du premier rang) ; je suis arrivée à 397 mailles et ai suivi les explications de la bordure pour la taille Large. Mais je pense avoir un peu trop augmenté...
Quelques photos de mon Pop Spots shawl d'abord avant de parler technique.
Déployé : envergure de 110 cm, hauteur de 43 cm (77 cm en comptant le creux de l'encolure)
Technique
Il est tricoté de haut en bas et la bordure en dentelle est une bordure rapportée, que l'on accroche au fur et à mesure aux mailles du châle qui sont en attente.
Ce sont des rayures, l'une en jersey avec la couleur de fond et l'autre en mousse avec la couleur contrastante. Alors ces spots qui poppent ? Comment les fait-on ? Juju Vail donne un tutoriel ici et explique qu'il faut, au premier rang de couleur de fond, lâcher une maille et la détricoter sur 6 rangs, ce qui créé une échelle, pour libérer la maille du dernier rang de la rayure précédente en couleur de fond : vous remettez la maille sur l'aiguille et vous la tricotez comme c'est indiqué.
J'ai également traduit le tuto, je ne sais pas encore si elle l'intègrera dans la traduction du châle. Mais je n'ai pas fait comme ça !
Plutôt que de passer du temps à tirer sur une maille lâchée pour qu'elle veuille bien se détricoter et récupérer une maille 6 rangs plus bas, j'ai directement piqué 6 rangs en-dessous de la maille : l'échelle se fait toute seule au fur et à mesure du tricot et ça va beaucoup plus vite.
Mes dessins ne sont pas très beaux, mais j'espère assez explicatifs. Les petits V en rose sont les mailles jersey du fond, les ovales gris sont les mailles de point mousse (un ovale = 2 rangs). Les grands V en rose sont les fameuses mailles relevées "dlk" dans le patron original en anglais, et que moi j'appelle maille hexuple en référence à la maille double des côtes anglaises où l'on pique SOUS la maille suivante (dans le rang précédent) et non DANS la maille suivante. Les 6 petits arcs gris superposés représentent les mailles lâchées sur 6 rangs.

Donc au remier rang avec la couleur du fond, pour faire la maille hexuple, on pique DANS la maille du dernier rang de la rayure précédente en couleur du fond, mais sous la maille suivante (flèche noire) et pas sous celle qu'on vient juste de tricoter. Une fois qu'on a relevé la boucle et terminé de tricoter la maille comme indiqué dans le patron, on peut lâcher la maille en couleur contrastante (l'ovale gris sur le dessin) et continuer en jersey. Au fur et à mesure de la manipulation du tricot, la maille lâchée va se défaire mais n'ira pas plus loin dans les rangs en couleur de fond puisque la maille a été relevée à cet endroit.
Regardez-bien votre tricot : il faut bien viser et piquer dans le V. Le tour de main (ou de poignet) se prend très vite.
Erreurs à ne pas faire :
- oublier de lâcher la maille en couleur contrastante et la tricoter, car vous aurez fait une augmentation :
- piquer non pas dans le V mais une demi-maille juste avant ; d'où l'importance de bien regarder où on pique. On s'en rendra très vite compte, car la bulle qui précède est moins large et la suivante plus large avec une maille lâchée bien évidente. Si vous maîtrisez bien, vous pouvez le rattraper avec un crochet en lâchant la maille relevée qui n'est pas à sa place et en remontant les mailles au fur et à mesure, sinon, il faut défaire...
-
piquer sous la maille qu'on vient juste de tricoter - cela peut arriver car le tricot se met en biais. La bulle sera moins large et vous aurez augmenté d'une maille. Il est donc important de bien regarder et de bien "viser" (si la rayure précédente est une rayure à "dlk", les bulles sont en quinconce).
Contrairement aux apparences, le point n'est pas compliqué du tout. Le patron est très bien écrit et il est facile de le suivre ; il y a juste un petit tour de main à prendre pour les mailles relevées.
Alors, vous vous lancez ?
A bientôt, vale,
Christine
P'tits zozios de mon jardin

C'est l'hiver et les oiseaux ont besoin de nous.
Pour lutter contre le froid, le corps brûle des calories : confrontés à des nuits plus longues et surtout plus froides, les oiseaux ont des besoins énergétiques plus grands. Mais les premières gelées tuent les insectes, les graines se font sont rares dans les champs et la neige recouvre le sol : tout ceci ne leur permet pas de trouver suffisamment de nourriture. Et beaucoup meurent en hiver.
Alors loin de Master Chef ou de Un dîner presque parfait, soyons dans la vraie téléréalité et offrons-leur une petite table : graines de tournesol, graisse (boules de graisse avec des graines, barquettes de beurre allégé, gras du jambon coupé en tout petits bouts, petits morceaux de fromage ou gruyère râpé), noix (noisettes, amandes, arachides etc.) coupés en tout petits bouts, pommes et poires feront leur bonheur.
Pas de mie de pain et de riz cru : ils gonflent dans l'estomac et risquent finalement de les tuer. Pas d'aliments salés (cacahuètes d'apéritif par exemple). Et surtout, on doit aussi penser à leur donner à boire, car l'eau ou la neige dans la nature peuvent être gelés. Allez jeter un oeil sur le site oiseaux.net qui publie des fiches sur chaque espèce, de nombreuses photos toutes plus magnifiques les unes que les autres, et aussi des idées pour les nourrir. Un autre site important à visiter : la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) qui vous propose même d'être acteur dans le recensement des oiseaux dans votre région (cliquez sur Partagez vos observations à gauche).
D'habitude, je parle de chats. Eh bien ! aujourd'hui, pour changer, ce sera des oiseaux, car avec la mauvaise saison, mes visiteurs sont de plus en plus nombreux ! Je ne suis pas ornithologue, mais j'ai plaisir à regarder leur comportement planquée derrière mes rideaux. Avez-vous les mêmes ?
La famille mésange
J'ai des charbonnières (en haut à gauche) et des bleues, ainsi que des mésanges noires (en bas à droite), un peu plus petites avec une rayure blanche sur le crâne. La huppée (en haut à droite), je n'en ai pas, dommage car elle est très rigolote. Pas de nonette ni de longue-queue non plus. Avec un peu de patience, la mésange charbonnière vient manger dans votre main. Si vous l'habituez bien et continuez de la nourrir, elle viendra chez vous pour s'alimenter pendant la couvaison, et vous amènera ses petits quand ils seront sortis du nid... qui viendront aussi manger dans la main.
Les mésanges aiment le tournesol, mais lui préfèrent nettement mes noix. Gymnastes confirmées, elles s'accrochent aux boules de graisse mais elles aiment bien aussi manger dans le plat quand il s'agit de beurre (je leur mets une barquette de Fleurier DOUX).
Les verdiers d'Europe
Il a suffi de quelques jours pour que je les voie débarquer. En bande et de plus en plus nombreux. Ils adorent les graines de tournesol, ben tiens, ça tombe bien, j'en mets ! Contrairement aux mésanges qui se servent et vont manger ailleurs, eux, ils s'installent dans les plats et mangent sur place ; ils sont assez agressifs, et se prennent le bec entre eux dès qu'ils sont 3 ou 4 à convoiter la même mangeoire. Le verdier est vert (si !), son bec est assez gros et il a du jaune vif le long de l'aile (photo de droite). Aujourd'hui, ma colonie doit bien compter 25 individus !
Le chardonneret élégant
Arrivés dans la foulée, je ne les connaissais pas ! Mais on ne peut pas les manquer : tête rouge, petits pois blancs sur les ailes et la queue et rayure jaune citron sur le bord de l'aile. Elégant je vous dis !
Eux, c'est aussi en bande qu'il viennent. Ils aiment les graines de tournesol (encore !) et comme les verdiers, s'installent dans les mangeoires et mangent sur place. Mais ce sont de gros gaspilleurs et de gros cochons : au lieu de se contenter de décortiquer leur graine, ils mettent des coups de bec à droite, à gauche, font sauter 15 graines avant d'en prendre une ! Les oiseaux, c'est bien, mais le ménage derrière, c'est une horreur ! Les chardonnerets sont très agressifs : entre eux et vis-à-vis des autres espèces. Pour montrer qu'ils ne sont pas contents et surtout pas tolérants, ils émettent un "cricricri" très particulier, j'ai l'impression d'entendre les cigales de la pub du Petit Marseillais !
Le gros-bec casse-noyaux
Lui, je l'ai vu 3 fois seulement sur ma fenêtre. Seul. L'air mauvais. Enorme. Lui aussi, c'est les pieds dans la mangeoire et j'y reste. Est-ce dû à sa taille ? Ni les verdiers, ni les chardonnerets ne cherchaient à le chasser !
Avec un chardonneret pour voir combien il est gros !
Les pinsons
Ils arrivent en bande dès qu'ils fait très froid, et restent au sol en général pour manger, récupérant ce qui tombe des mangeoires. Mais j'en ai un, un pinson du Nord,effronté, qui vient sur la fenêtre pour déjeuner, et que les verdiers ni les chardonnerets ne chassent.
Le pinson des arbres, à gauche, est rose (intense chez le mâle), sur la poitrine et le ventre, et arbore une calotte gris-bleu sur la tête. Le pinson du Nord, à droite, est orange, mais seule la poitrine est colorée, le ventre reste blanc ; la tête et le dos sont noirs et ses couleurs sont beaucoup plus contrastées que celles de son cousin.
Les moineaux
Ceux-là sont partout, et bouffent tout ! Deux espèces se sont invitées chez moi, le moineau domestique marron foncé avec une tête presque noire, et le friquet avec sa tête marron clair et sa petite virgule noire sur la joue.
Le rouge-gorge familier
Timide, avec un oeil rond et son petit ventre rouge bien bombé, il plaît à tout le monde. Lui mange plutôt par terre et picore, mais je l'ai vu sur ma fenêtre aussi. Les petits bouts de noix, de viande et de gras de jambon, il adore ! sans oublier le gruyère râpé.
Le tarin des aulnes
Alors lui, il est arrivé il y a deux jours, tout seul. Enfin, toute seule d'après ses couleurs. D'après ce que j'ai lu, il vit en groupe ? Aïe ! aïe ! aïe ! qu'est-ce qui m'attend dans les jours qui viennent ?
Un peu plus petit, jaune-vert, avec une barre alaire jaune. La femelle est moins colorée, et présente plus de rayures sur le corps.
Et enfin, l'oiseau rare ! un canard mandarin
Eh ! oui, j'ai ça chez moi !
Beau, coloré, somptueux, rigolo, un vrai poème !
Cet oiseau est la plus belle espèce de canard ; originaire d'Asie du Sud-Est, il vit en couple toute sa vie et c'est un symbole de fidélité conjugale en Chine et au Japon. Quelques individus en captivité en France se sont échappés, ce qui explique qu'on trouve quelques colonies dans notre pays. Chez nous, cette espèce bénéficie d'une protection totale (animal, oeufs, nid et environnement) sur tout le territoire. Mais c'est aussi une espèce protégée dans les pays asiatiques, car en voie de disparition suite à la dégradation de leur habitat. A tel point qu'en Chine, en avril 2012, un individu a écoppé de 5 ans de prison ferme pour avoir attrapé 14 canards mandarins et essayé de les vendre au marché !
Je l'ai trouvé dans mon stock de laine. Etonnant, non ?
Mon canard a perdu quelques plumes dans mon jardin, mais je me suis empressée de les assembler avec mes aiguilles.
Voici donc Ducky Luke, mon canard alone in the night très noire de l'Alpaca de Drops, avec ses plumes bariolées en Kureyon Sock de Noro.
I’m a poor lonesome duckboy
I’m a long long way from home…
Allez, d'un peu plus près ?
Pour d'autres photos, il faudra se rendre sur ma page Ravelry.
Ducky Luke, c'est un Dreambird, modèle de Nadita Swings, sorti il y a peu et qui connaît un grand succès. Pour le moment, 273 réalisations, avec des résultats bluffants pour la plupart, grâce aux choix des couleurs et des fils. Si vous avez le temps, allez regarder la galerie, il y a vraiment des choses originales et très artistiques.
Alors ? ce patron ? C'est en point mousse (mais on peut faire le fond en jersey), un travail de rangs raccourcis, mais à la méthode allemande : on n'entoure pas la maille suivante avant de tourner, on tire sur le fil pour que la maille se déforme avant de tourner. Ca va beaucoup plus vite que les wrap and turn que je pratiquais jusque-là ! Pour avoir une idée, cherchez sur Youtube German short rows ; bien sûr, c'est en anglais, mais les images permettent de bien comprendre. Il doit sûrement y en avoir en allemand, mais là, je ne pratique pas !
On tricote d'abord la plume, puis on reprend le fil du fond et là, on remplit les espaces laissés par les rangs raccourcis : d'abord au-dessus de la pointe de la plume, ensuite vers le cou, puis de nouveau au-dessus de la plume, et on recommence tout pour faire la plume suivante. Pas difficile, la première plume demande juste un peu d'attention pour bien comprendre le travail.
L'auteur recommande deux fils différents en texture voire en grosseur : le fond en poilu (kid mohair par exemple, 250 m/25 g) et la plume en ce que vous voulez, le fil pour la plume peut être plus gros que celui du fond mais pas l'inverse. A mon avis, les plus beaux résultats pour les plumes sont obtenus avec des fils qui changent de couleur sur de grandes longueurs. Pour les quantités, cela dépend des fils et de la taille du châle ; j'ai fait un châle de 22 plumes, utilisé une pelote de Kureyon sock en entier (420 m) et 3,3 pelotes d'alpaga (550 m).
J'ai eu la chance de pouvoir traduire ce patron, il y a un KAL en ce moment (même en français) et il bénéficie d'un prix spécial jusqu'à fin février. Alors si le coeur vous en dit... Je vous recommande toutefois d'utiliser des marqueurs et pas des épingles comme l'indique le modèle, et éventuellement de travailler sur des aiguilles droites de 40 cm plutôt qu'une circulaire.
Pour terminer, un petit clin d'oeil pour la Saint Valentin avec le petit bonnet coeur de Madame Zimmermann, Elizabeth de son prénom. Ci-dessous, un prototype pour bébé, un peu raté en ce qui concerne la profondeur, mais ceux qui viennent seront mieux réussis.
Les autres tricots, ce sera pour la prochaine fois, les oiseaux ont pris beaucoup de place !
A bientôt, vale,
Christine
Edit du 15 pour répondre à la question du choix du beurre allégé. Pas très logique de donner moins de graisse aux oiseaux alors que je veux leur en apporter justement... Je ne connais pas la biologie chez les oiseaux, mais je me doute qu'il y a des similitudes avec nous.
On distingue 3 types de matières grasses (c'est de la chimie) : les saturées qui augmentent le taux de cholestérol, le "mauvais", que l'on trouve surtout dans les graisses animales sauf le poisson (le beurre, 82 % de matière grasse en contient plus de 60 %, c'est pourquoi on le regarde d'un mauvais oeil), mais aussi en grande quantité dans la fameuse huile de palme (50 % des corps gras) ; les mono- et polyinsaturées, ce sont les fameux omega 3, 6 et 9, protecteurs du système cardiovasculaire et immunitaire et présents dans les matières grasses végétales et les poissons gras ; enfin, les hydrogénées soit complètement soit partiellement (acides gras trans), qui sont d'origine industrielle, et qui ont un effet délétère sur le système cardiovasculaire.
Aujourd'hui, il y a une grosse polémique autour de ces acides gras hydrogénés créés par l'industrie agro-alimentaire ou bien des saturés dont le taux est important dans l'huile de palme et de coprah, car il y a un risque sanitaire important. Si les industriels préfèrent ces matières grasses, c'est qu'à cause de leurs propriétés chimiques, elles ne rancissent pas ou peu, et sont plutôt solides à température ambiante ce qui leur donne plus d'intérêt en matière de texture.
Pour en revenir à mes oiseaux, loin de la polémique sur l'huile de palme, je ne cherche pas à les mettre au régime, mais simplement à protéger leur système cardiovasculaire en leur fournissant un produit (Fleurier DOUX) qui contient surtout des huiles végétales (39 %) et seulement 15,5 % de beurre, moins de 26 % d'acides gras saturés au lieu de 63 % dans le beurre, moins de 1 % d'acides gras trans et SANS huile hydrogénée.
Bonne fête !
C'est la saison.
Hier, c'était "je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année", et aujourd'hui, 6 janvier, c'est "bonne fête" à tous les Balthazar, Melchior et Gaspard.
A propos, qui en connaît ? moi pas, à part dans la gent canine ou féline...
L'Epiphanie, du grec epi/sur et phanie/apparition (littéralement apparition ou manifestation au monde, aux hommes), célèbre le jour où des mages venus du fin fond des déserts en suivant une étoile sont tombés sur le Gesù bambino qui venaît de naître, et a lieu 12 jours pile après Noël : elle tombe donc le 6 janvier, comme Noël, ce n'est pas forcément un dimanche, mais contrairement à Noël, ce n'est pas un jour chômé en France.
Les églises de rite oriental - Grèce par exemple - ne célèbrent pas l'Epiphanie le 6 janvier, mais la Théophanie (littéralement manifestation de Dieu), et fêtent à cette date le baptême du Christ dans le Jourdain. Et les grecs qui ont plus de chance que nous, en ont fait un jour férié.
Veinards.
Et bonne fête aussi aux Tiphaine, Tiffany et autres prénoms dérivés ou orthographiés de façon plus ou moins fantaisiste, prénoms qui proviennent tous de théophanie.
Jusqu'au IVème siècle, l'Epiphanie a été la grande fête religieuse de la chrétienté qui commémorait l'adoration des mages. La fête religieuse de Noël, n'a été instaurée qu'à ce moment, et plaquée sur le 25 décembre pour se substituer à toutes les fêtes païennes qui célébraient le solstice d'hiver -oui, avec 3 jours de décalage, mais il y avait une erreur de calendrier à l'époque, c'est-à-dire la victoire de la lumière sur les ténèbres, ou du moins, son retour. Mais la fête païenne a la vie dure, et elle a résisté, cachée dans nos assiettes ! C'est bien sûr la galette des rois, dont la forme ronde rappelle le disque solaire, le Sol invictus des Romains, et sa fève, qui permettait déjà à l'époque de désigner un roi au cours des banquets des Saturnales.
A propos, ces mages...
Légende ? Mythe ? Histoire avec un grand H ?
Un seul des 4 évangiles canoniques mentionne cet épisode, l'évangile de Saint Matthieu. Matthieu était un publicain, un de ces hommes d'affaires travaillant pour les Romains : négocier des contrats publics, collecter les impôts, et prêter de l'argent (taux d'intérêt jusqu'à 45 %, ça fait rêver, mais ils devaient avancer les fonds avant de collecter) faisaient de ces hommes des mal-aimés d'une part à cause de leur fonction (ça n'a pas changé !), d'autre part parce qu'ils travaillaient main dans la main avec l'occupant du moment... Même s'il n'était qu'un employé sulbalterne, Matthieu était donc cultivé, sachant lire et écrire (et compter bien sûr), et parler plusieurs langues ; c'est lui-même qui aurait écrit son évangile dans la deuxième moitié du Ier siècle.
Une question pertinente me vient à l'esprit...
y a-t'il un lien entre la galette et le fait que ce soit un percepteur qui mentionne les mages ?
Dans le texte de Matthieu, les mages n'y sont pas trois ni rois, ils sont justes des "mages venus de l'Orient" et sont anonymes. A l'origine, un mage vit du côté de la Perse et de l'Iran, connaît les arts divinatoires et l'astrologie, a une fonction sacerdotale et pratique le culte solaire. Au cours des siècles, nos rois mages ont collectionné des attributs qu'ils n'avaient pas au départ et sont devenus des personnages légendaires, chargés de toute une symbolique.
Au IIIème siècle, Tertullien les qualifie de "presque rois", et Origène au même moment dit qu'ils étaient trois. Au début, on raconte qu'ils sont rois d'Arabie ou de Perse, puis le VIème siècle les baptise enfin : magi autem vocabantur Bithisarea Melchior Gathaspa (traduction latine du VIIIème siècle d'un texte grec du VIème). Balthazar, Melchior et Gaspard finiront par prendre des couleurs et aussi représenter des continents dès le VIIème siècle -trois seulement, car on n'en connaissait que 3 à ce moment. A peu près en même temps, un autre texte leur donne un âge et attribue à chacun une des offrandes apportées, l'or, l'encens ou la myrrhe.
Ci-dessus, l'adoration des mages par A. Mantegna (vers 1500) ; pour une fois, le nourrisson a une taille à peu près normale. Ce qui me plaît dans ce tableau, ce sont les regards : à part la mère qui semble regarder son fils, les mages voient chacun quelque chose de différent, le père est fasciné par le turban de sa femme et l'enfant fixe le couvercle du pot orange ! Je n'y connais rien en peinture, mais ils n'ont pas vraiment l'air ensemble...
Pour résumer, Gaspard, le plus jeune, représente l'Asie et apporte l'encens, symbole de la divinité. Balthazar, d'âge moyen, représente l'Afrique et offre la myrrhe : gomme-résime aromatique très utilisée dans l'Antiquité en cosmétique (parfums) et en pharmacie, elle sert aussi aux embaumements et symbolise l'homme, soit la mortalité. Melchior, le plus âgé des trois, est la figure de l'Europe et apporte l'or, symbole de royauté.
Mais l'épopée ne s'arrête pas là !
car des rois mages, ça déménage !
Sachez d'abord que Balthazar est passé par les Baux (de Provence) avant de retourner chez lui. Le blason des seigneurs des Baux arbore depuis une étoile argentée à 16 branches, l'étoile de la Nativité. Sachez aussi que les Baux avaient été donnés en marquisat aux Grimaldi en 1642, et que depuis, l'héritier du trône est marquis des Baux. Si on m'avait dit plus tôt que mon copain Albert était lié aux rois mages...
Pendant le siège de Milan par Frédéric Barberousse (1158), les milanais découvrent les reliques des trois rois mages dans les ruines d'un couvent. Que faisaient les rois mages à Milan ? Ca, c'est dû à Hélène, la mère de Constantin 1er, l'empereur romain ; vers 325, elle découvre ces reliques à Jérusalem, et les ramène à Constantinople. Mais son fils, le fameux Constantin, les refile quelques années plus tard à un évêque qui les emmène à Milan.
Le culte des reliques atteignant son apogée au Moyen-Age, la découverte est fantastique. Tellemement que Barberousse offre les reliques à son chancelier qui est aussi évêque de Cologne. Après le sac de la ville, l'évêque prend les reliques comme butin de guerre et les ramène en allemagne en 1164. Les rois mages sont depuis cette date enchâssés dans la cathédrale de Cologne, et la ville arbore dans son blason leurs trois couronnes.
Pour terminer sur l'Epiphanie et la magie de Noël, rappelons qu'en Espagne, ce sont les rois mages qui distribuent les cadeaux aux enfants ; le 5 janvier au soir a lieu la Cabalgata de los Reyes Magos (la parade des rois mages), et la nuit, les mages passent distribuer les cadeaux. En Italie, c'est une vieille femme/sorcière, la Befana, qui distribue les cadeaux dans la nuit du 5 au 6 janvier.
Alors, moi, pour fêter les rois, j'ai tricoté des bonnets-couronnes : Hitchhat de Martina Boehm (modèle payant). Trois, bien sûr, un pour chaque roi. Tous en Fabel de Drops (75 % laine et 25 % polyamide, 205 m/50 g). Tous en taille S, mais avec des modifications. Un pelote est suffisante (0,8 pour le bonnet rose). Je me suis trompée pour le premier : j'ai fait 5 sections au lieu de 4 sans le faire exprès, et heureusement ! Donc j'ai maintenau les 5 sections pour les suivants. Les dimensions conviennent bien pour un bébé de 6 mois à 1 an voir plus.
Rose mist (0,8 pelote, montage de 70 m., 45 cm de tour de tête et 18 de profondeur sans le revers)

Wise man hat (montage de 83 m., 45 cm de tour de tête et 20 cm de profondeur sans le revers)

Balthazar (montage de 87 m. et petite variation sur les pointes, 46 cm de tour de tête et 22 cm de haut)

J'ai fait des petites boules sur chaque pointe, et une au sommet du bonnet : ça fait plus "roi", non ? J'ai adoré ce modèle, et surtout sa construction originale.
Autres bonnets, normal, c'est la saison !
Carousel turban, avec de la Big Delight de Drops, coloris Atlantide

Prototype. J'avais idée de faire une "Jeune fille à la perle" en tricot, mais... ce sera pour la prochaine fois !
J'ai utilisé la technique des chaussettes Carousel, modèle gratuit sur Knitty.com et Biscotte&Cie, également en français sur ce dernier (mais c'est du français canadien !).
Jeune fille à la perle de J. Veermeer (vers 1665).
Pointes de flèches, avec des restes

Peruvian cats, avec des restes, d'après un patron gratuit, Worsted Chullo Hat de Claire Butchkoski

Un autre petit Leftie, c'était Noël. Toujours en Alpaca de Drops (marron 403) et des restes de Shetland Spindrift et 2 ply Jumper weight (surtout les restes de Russian river). Leftie est un modèle payant de Martina Behm, que j'ai traduit et qui est très facile à faire, idéal en plus pour utiliser ses restes.
Après cette avalanche de rois mages, de couronnes et de laine, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter, à vous qui passez, une excellente année 2013, remplie de bonheur, de petits plaisirs divers et de souhaits exaucés, ainsi qu'une belle santé.

A bientôt, vale,
Christine

















































































































































