lundi 16 novembre
Travailler du chapeau
Non, non, je n'ai pas reçu un coup de chapeau qui m'aurait rendue toquée !
Vous le savez, j'aime les bonnets, du moins, les tricoter, car je n'en porte pas. Et cela m'amuse d'autant plus que j'improvise souvent, alors que je bave des ronds de chapeau quand je fais des chaussettes (je vous rassure, je n'ai bavé de cette sorte que deux fois dans ma vie ! enfin, quatre si on considère que les chaussettes se font par paires).
Alors allons-y, ne tournons pas autour du pot et démarrons sur les chapeaux de roues, tourloutoutou, chapeau pointou !
D'abord Yourte, avec le fil acheté à Sainte Marie-aux-Mines :
Un autre Inca Cap, le cinquième, avec des restes :
Bouclette, en Neige de Phildar :
Etoile, grand classique, avec des restes :
On accélère avec 3 bonnets bleus car le reste de laine n'en finissait pas de rester...
Rebelote en rose :
Puis j'ai un peu travaillé plus sérieusement autour de motifs celtiques, et j'ai sorti de mon chapeau :
Caradoc, avec ou sans pompon, tricoté en rond en 1824 Wool Mission Falls :
association de torsades et de jacquard à fils tendus :
J'aime pas les torsades ! Alors comme j'aime le jacquard, j'ai fait un mélange des deux techniques. Ce n'est pas difficile à faire, il faut juste tricoter très souplement pour que les fils du jacquard ne limitent pas l'expansion des torsades. Le patron est rédigé pour 4 tailles, de la taille 2 ans à adulte, et il est même disponible en anglais. Il est proposé à la vente sur Ravelry et Créations on line.
Eoghann, tricoté en rond en Heilo de Dale of Norway (100 % laine norvégienne) :
avec un bouton sur le dessus (pour les grands),
ou un pompon pour les petits :
La Heilo, un pur bonheur. J'adore les pure laine. Bien ronde, avec du ressort, toucher agréable. J'en redemande !
C'est du jacquard à fils tendus, associé à une technique particulière de mailles glissées pour tricoter les premiers et derniers rangs du médaillon central. Pas dur, je vous assure !
Là aussi, le patron est rédigé en deux langues, également pour les tailles enfant à adulte (4 tailles), et là aussi, il est en vente sur Ravelry et Créations on line.
Et mon petit dernier, Champ de pompons, en Pompon de Regia, en deux versions colorées :

et celui-là, je vous l'offre !
En attendant, yapakmoi qui suis toquée. La preuve...
Ma mascotte, Oscar le Chat-Potté :
et Bob, celle de Ravelry :

n'est-ce pas qu'il lui ressemble ?
Mais revenons à ce que je vous ai dit la dernière fois, qu'il y aurait une surprise...
Pourquoi ? Parce que mon petit blog fête ses 5 ans... 5 ans déjà, c'est fou ! 5 ans d'amusement, de rencontres, de mise en boîte de ma mascotte, de tricots plus ou moins réussis, d'émerveillement sur les blogs des copines, puis de Ravelry qui nous bouffe tous nos blogs, 5 ans d'achats de fils et d'accumulation de projets, 5 ans de dentelles, jacquards ou tricots tout simples au gré des envies, 5 ans de traductions pour participier à la renaissance du tricot en France en tout cas.

Donc JE fête mon anniversaire (et voilà que je me prends pour mon blog !).
Mais c'est vous qui aurez les cadeaux.
Alors pour tout le monde :
le patron du bonnet Champ de Pompons à télécharger ici ;
et le patron du châle Allégresse, que je passe en gratuit. A demander ici.
Et pour certaines chanceuses :
un exemplaire (neuf) de Vikking Patterns of Knitting d'Elsebeth Lavold :
ou mon châle Allegro ma non troppo, en Fine Kid d'Anny Blatt (50% mohair, 50 % laine), un modèle original avec son petit volant double, en coloris Genepi et noir (le châle est neuf, je ne l'ai jamais porté), environ 1,80 m d'envergure pour 90 cm de haut :
ou encore le petit Lace fichu de Cindy Guggemos, dont le patron est disponible en français si vous voulez le tricoter. Il est réalisé en Kidsilk Haze de Rowan (70% kid mohair et 30% soie), coloris Pearl. Là aussi, je ne l'ai jamais porté et il est neuf.
Vous vous rappelez ? J'avais mis des perles sur les pointes... je les ai enlevées, le montage n'était vraiment pas beau...
Ca vous tente ?
Alors pour vous inscrire, vous mettez simplement un commentaire en précisant dans l'ordre de vos préférences les 3 lots. Vous avez un blog ? Merci de relayer l'information de ce concours avec un lien vers In tricot veritas. Vous n'avez pas de blog ? Ce n'est pas grave, vous pouvez en parler autour de vous. Vous êtes étrangère ? Pas grave non plus, mais, please, parlez- moi en anglais, car le hollandais, je ne le comprends pas ! Mais surtout, laissez-moi vos adresses email pour que je puisse vous contacter le cas échéant (les adresses email ne sont pas affichées sur le blog, il n'y a que moi qui y ai accès).
Vous l'aurez compris, il y aura 3 gagnantes.
De mon côté, je listerai toutes les participantes, avec lien vers leur blog s'il y en a un, et je chapeauterai Oscar lors du tirage au sort le 8 décembre prochain.
Alors Mesdames et Mesdemoiselles (Messieurs ?), à vos plumes ! Moi, j'abandonne la mienne ce soir,
à bientôt, vale,
Christine
jeudi 05 novembre
Petit tour du monde aux aiguilles
Retour dans le temps après être passée par la Lorraine...

Amishs aux Etats-Unis, mais suisses d'origine et venant d'Alsace ? C'est donc pour cette raison que chaque année se tient le Carrefour européen du patchwork à Sainte-Marie-aux-Mines, berceau du mouvement Amish. Je ne fais pas de patchwork, mais j'admire beaucoup ces travaux, et au Carrefour européen du patch, on en prend plein la vue ! 4 villages du Val d'argent participent à cette fabuleuse aventure, et tout sert de lieu d'exposition : le théâtre, les églises, les temples et les chapelles, les musées, et même les vitrines des commerçants !
Et j'ai envie de vous faire partager mon engouement par quelques photos. Attention, ça va être coloré ! Et on va voyager puisque différents pays étaient présents.
La Hongrie, pays européen invité d'honneur
et celui-là qui de loin a attiré mon oeil !

Eh oui, c'est bien du point mousse !
Et les arêtes sont simplement peintes par-dessus.
La Nouvelle-Zélande
L'Afrique, qui va me réléver une grande surprise...
La photo est complètement ratée, mais je vous jure que c'est magnifique ! Un grand panneau d'au moins 1,50 m de haut, constitué de bandes assemblées. Et quand on regarde de plus près, on voit que c'est un mélange de tricot, de crochet et de tissu.
Le Japon : Yoko Saïto, artiste géniale. Une multitude de petits détails, de la précision et de la minutie partout. C'est japonais, quoi !
Un autre modèle de cette japonaise a fait craquer tout le monde : les hérissons. Trop de monde devant le stand, je n'ai pu prendre une photo, et pas de chance, aucun patron disponible pour cet ouvrage. C'est une idée originale d'après un conte russe, un petit hérisson dans le brouillard (attention, ça dure 10 mn) :
Et j'ai même trouvé un dépôt de laines à Sainte Croix où bien sûr, je me suis sentie obligée de faire quelques emplettes pour de futures bricoles (bonnets sans doute) :
Et le tricot dans tout ça ?
Alors j'avoue : Marina n'a pas bougé d'un poil d'une fibre !
Mais j'ai fait mon deuxième Ibsen, finalement comme le premier, en Austral de Katia, la Heilo ne me donnant pas le même échantillon. Les photos ne sont pas terribles... On est en Norvège ici.
le deuxième, 6 ans

un mélange de vert, naturel et aubergine
Je dois maintenant réécrire le patron puisque j'y ai fait quelques modifications et le traduire en anglais ensuite, ce qui ne va pas être une mince affaire !
Un petit bonnet (il y en a d'autres, je vous les montrerai la prochaine fois) en point de godron. Là, on passe en Irlande ou on retourne aux Etats-unis vu l'importance de cette fête chez eux.
Halloween stripes

Faut aimer l'orange !
Et puis une idée, comme ça, qui m'est venue après avoir acheté un petit galon (en solde). Il a fallu d'abord chercher les pelotes qui allaient avec, mais j'ai tout trouvé dans mon stock : de la Superwash de bouton d'Or, de l'angora rose trèèèèèès pâle de Pingouin (une vieille de vieille de vieille, 100 % angora), de la pure laine (une autre vieille de vieille de vieille) et un peu de Barisienne rose vif.
et le début !
et on revient en Norvège !
Ah ? vous trouvez qu'il a un petit air de ressemblance avec quelque chose ? Oui ! Ce sera un modèle inspiré du petit cardigan pour bébé de Solveig Hisdal dans Poetry in Stitches. Il s'appellera Daisy, mais rien à voir avec une célèbre canarde, seulement avec mes fleurettes. Taille 1 an, c'est fou ce que je m'amuse à tricoter les manches sur 4 aiguilles et sur une circulaire de 30 cm ! Vivement le corps !
On se revoit bientôt ? Il y aura une petite surprise à la prochaine édition...
A bientôt, vale,
Christine
mardi 20 octobre
En passant par la Lorraine...
Faut croire que je n'avais plus d'encre dans mon stylo pour n'avoir pas plus tôt repris la plume ici...
Eh bien non, juste un manque cruel de temps suivi de courtes vacances. Non, je n'ai pas eu de bébé !
D'abord l'Alsace. Basée à Beblenheim, à quelques km de Colmar, dans un gîte très confortable, le Gambrinus (que je vous recommande chaudement), en plein milieu des vignes et du Gewürtz (aïe aïe aïe), j'ai pu revisiter les beautés de ce coin de France où j'ai habité il y a 20 ans. Dommage, le ciel était un peu gris.
Riquewihr envahie de touristes,
Ribeauvillé envahie de plumes grâce à la proximité d'Hunawihr et son Centre de réintroduction des cigognes,
La cigogne, oiseau migrateur africain familier du paysage alsacien avait complètement disparu dans les années 1980 : chasse (en Afrique), lignes à haute tension et pesticides ont eu raison de cet animal, d'où la création de ce Centre.
Kaysersberg également liée à l'Afrique grâce au Dr Schweitzer, et ses jolies maisons.
Il y eut aussi le Haut-Koenigsbourg, d'autres petits villages fleuris, les bredele et les winstubs ou bierstubs qui servent la fameuse flammekueche. Et les retrouvailles avec 4in, à Thann, une "ancienne" de Tricotnordique, qui avec une grande maison et deux enfants, n'a plus vraiment le temps de tricoter ! Ce qui ne nous a pas empêchées de beaucoup papoter, vous vous en doutez.
Ensuite, direction la Lorraine et la Champagne : basée à Metz, j'ai rayonné et suis montée jusqu'à Reims et Rethel. Si j'ai pu ramener les fameux biscuits roses de Reims et le boudin blanc, spécialité de Rethel (qu'on peut commander sur leur site, service et qualité impeccables), je n'ai pas vu l'ange au sourire de la cathédrale de Reims, qui faisait la tronche derrière une bâche, la cathédrale se refaisant une beauté.
Mais en Lorraine, il y a aussi Nancy et ses bergamotes.
Et qui dit bergamotes dit Millaine.
Millaine ? la tricoteuse hors pair, qui raffine tout ce qu'elle touche, et qui raconte des histoires tristes à vous faire mourir de rire. Et à défaut de voir à quoi ressemble un sourire d'ange, j'aurai au moins vu les anges tricoter ! et je ne le regrette pas.
Et en Alsace, il y avait aussi :
ou plus exactement ceusses-ci :
parce que, figurez-vous, les Amish, ils ne sont pas américains du tout, mais français ! Si ! d'origine suisse, d'accord, mais français quand même.
Que je vous conte ça...
La Réforme, ça vous dit quelque chose ? Au début du XVIème siècle, l'Allemagne est agitée par Luther tandis qu'en Suisse
, à Zurich, un certain Zwingli tient les mêmes propos. Puis Calvin à Genève. La Suisse devient vite la terre d'asile des protestants européens, et accueille en particulier des milliers de huguenots français au milieu du XVIème siècle.
Mais dans cette période d'agitation, un mouvement protestant plus radical voit le jour dans l'entourage de Zwingli : les anabaptistes, qui refusent le baptême des enfants à la naissance. Persécutés, ils cherchent refuge comme tous les fuyards, dans des coins isolés et difficiles d'accès et ils arrivent dans le Val de Liepvre, ou Val d'Argent, en Alsace, où l'on exploite le sous-sol et ses filons argentifères. Ces anabaptistes sont des Mennonites, une branche anabaptiste.
En ces temps-là, protestants et catholiques ne s'aimaient pas trop ; aux guerres de religion françaises succède la Guerre de Trente ans qui va toucher toute l'Europe. A la fin de cette guerre, en 1648, le Val d'Argent est dévasté, la population décimée.
On favorise l'immigration en offrant des terres et l'exemption d'impôt. Cette fois-ci, ce sont des anabaptistes du canton de Berne qui arrivent ; persécutés eux aussi, ces Mennonites fuient leur pays et s'installent dans ce petit coin d'Alsace, à Sainte-Marie-aux-mines, à 60 familles sous la houlette d'un certain Jakob Ammann.
Ce sont des bosseurs : agriculteurs hors pair, il défrichent, créent des prairies, cultivent et rendent fertiles les terres les plus arides. Ce sont également des éleveurs remarquables. Mais Jakob a son caractère et s'offusque de la vie des anabaptistes zurichois arrivés au siècle précédent, qui ont bien réussi et se sont embourgeoisés. Où sont donc nos anciens préceptes ? Et notre rigueur d'origine ? Comment ? Comment ?
Il n'arrive pas à leur faire entendre raison, et en 1693, c'est le schisme : la communauté Amish est née, fille dissidente de la communauté Mennonite.
Radicaux et conservateurs à la différence des Mennonites plutôt progressistes, ils restent de gros travailleurs et finissent par contrôler la production du bois et posséder de nombreux moulins ; ne représentant que le quart de la population, ils acquièrent dans le temps le tiers des terres. Et comme partout, la réussite des uns suscite jalousie et envie chez les autres.
A la Cour, on s'active et on fomente des intrigues. Et en 1712, le bon roi Louis XIV signe un ordre d'expulsion des Mennonites et des Amish pour permettre aux intrigants de récupérer leurs biens à faible coût... Ben tiens ! Certains restent à Sainte-Marie, mais la plupart s'en vont, en Lorraine qui n'appartient pas à la France, à Montbéliard qui est une enclave protestante, et déjà aux Etats-unis : ils s'installent en particulier en Pennsylvanie, ancienne colonie anglaise fondée par William Penn, quaker, qui accueille tous les réprouvés sous condition qu'ils se tolèrent les uns les autres.
Puis c'est au tour de Bonaparte de leur porter le coup fatal : ayant besoin de militaires en plus grand nombre que son armée de métier, il leur enlève leur privilège de toujours, celui d'être exempté du service militaire.
Les Amish quittent alors massivement la France et partent en direction de l'Amérique du Nord et s'installent au USA et au Canada.
Le patchwork n'est pas américain non plus, et vient de loin. Importé aux Etats-Unis par les colons anglais, les Amish retrouvent dans cette technique leurs règles d'austérité et de frugalité et vont
développer un art très caractéristique qui n'utilise que des tissus unis, et bannit les motifs figuratifs à part quelques exceptions comme par exemple les paniers (outils de travail).
Ils utilisent essentiellement les triangles, les carrés et les losanges et développent beaucoup le quilting (le matelassage), souvent réalisé en groupe.
Le mot Amish vient de Ammann avec le suffixe anglais -ish et n'apparaît en fait qu'au XIXème siècle, aux Etats-Unis. Quoi qu'il en soit, Sainte-Marie-aux-Mines est le berceau du mouvement Amish et c'est pour cette raison que chaque année y est organisé le Carrefour Européen du Patchwork.
Dont je vous parlerai la prochaine fois ! Avec un poco de tricot.
A bientôt, vale,
Christine
lundi 13 juillet
Allons z'enfants...

14 juillet : Fête Nationale de la France.
Hymne national (la Marseillaise) : Allons enfants de la Patrie...
Le 14 juillet 1789, la prise de la forteresse de la Bastille, prison d'Etat, marque la fin de l'Ancien Régime et le début de la Révolution française. La République est en marche.
Ce jour-là, une redoutable citoyenne Tricoteuse quitte sa place et laisse ses chats pour aller libérer les nombreux prisonniers que la Bastille renferme :

Allons z'enfants...
Improvisation autour de restes : Florida de Lammy, jaune uni et marron (en double).
Ce jour-là, il y a des défilés militaires un peu partout dans le pays, le plus grand étant à Paris bien sûr. Cette année, par ces temps de crise, aurons-nous encore le droit à ça ?
Allons z'enfants...
Même le tricot est en crise. On économise et on supprime les manches. Pink crisis, 2 ans :
Modèle paru dans Diana Collection N° 61, en Coton Fifty de Bergère de France avec un reste de Perlé 5 de Phildar (en double).
Ce jour-là -et la veille-, c'est aussi la fête des feux d'artifice et des explosions de couleurs :
Allons z'enfants...
Oh ! la belle bleue !, 18 mois-2 ans
ou l'art d'accommoder ses restes : coton multicolore des Laines.com (cherchez pas, y'en a plus !) tricoté en double avec différents cotons. Inspiré d'un modèle paru dans Bambino N° 13 (2006).
Ce jour-là -ou la veille-, ce sont aussi les bals du 14 juillet, les bals pop' et les bals des pompiers :
Allons z'enfants...
En Florida de Lammy, d'après Sherri, un modèle de Berroco.

Et ce jour-là, y'a des drapeaux partout !
Parce que j'ai reçu du bleu, du blanc et du rouge de chez Dale of Norway : de la Heilo pour retricoter un tricot-lore : Ibsen.
L'oiseau est un coq gaulois, emblème de la France. Sauf qu'en norvégien, Heilo ne veut pas dire coq mais pluvier doré !
Et que mon coloris bleu s'appelle deep teal, du nom de la sarcelle d'hiver (common teal en anglais), un petit canard qui a une bande bleu-vert sur les joues.
Tant pis, on fera avec. Donc cet été au programme : Marina à terminer ou du moins à avancer, et un petit norvégien à tricoter.
Alors bonnes vacances à tout le monde et à la rentrée !
A bientôt, vale,
Christine
jeudi 18 juin
Gail, le "tuto"
Commençons par le petit détail qui fait tout :
Est-ce le motif ? est-ce le fil ? ou le mariage des 2 qui fait que ça me plaît ?
Modèle : Gail (aka Nightsongs) de Jane Araujo
Fil (arrêté) : Country Silk de Fiddlesticks Knitting (50 % soie, 30 % laine et 20 % nylon, 800 m/250 g), coloris loden
Autres petits détails
Le modèle : il vous intéresse ? c'est un joli motif de feuiles imbriquées avec une bordure en pointes dont on reparlera plus tard. La traduction française définitive se trouve sur Modèles gratuits. J'ai tricoté 7 répétitions de motifs et j'obtiens une envergure de 160 cm et une hauteur de 86 cm.
Le fil : très léger par rapport à la Handmaiden Sea Silk que j'ai travaillée pour le Trucmuche, très agréable à tricoter, avec des petites "boulettes" de soie et des variations de couleur pas trop importantes, passant du jaune vert au vert prairie. Entre nous, j'appelerai plutôt mon coloris pistache que loden, car le résultat final est vraiment pistache. J'ai utilisé moins d'un écheveau (je dirais 210 g à l'oeil).
Tutoriel
Ce modèle rencontre beaucoup de succès : environ 450 réalisations et plus de 2600 intentions sur Ravelry, un groupe généraliste dédié aux dentelles de Jane, qui m'a beaucoup aidée notamment pour la bordure.
Avec l'accord de Jane, j'ai monté un petit "tuto" pour vous aider -si nécessaire- à réaliser cet élégant modèle, histoire de compléter la traduction que j'ai faite. Pour celles que la construction (mathématique) d'un châle intéresse, je les renvoie aux tutos réalisés en 2005 (4 ans déjà ? que le temps passe vite !) sur les châles : châles I, châles II et châles III.
J'ai inséré les images à la plus grande taille de publication, mais vous pouvez les éditer en plus grand encore en cliquant dessus.
Voilà la grille de départ pour le côté droit du châle (les rgs envers ne sont pas représentés) :
Les mailles de la bordure (en point mousse) ne sont pas dessinées. Les carrés sans symbole ne sont pas des mailles : ils sont placés là pour dessiner le motif en tenant compte des augmentations. Après avoir tricoté 2 rgs de point mousse et le troisième rg qui comporte un double jeté au centre (on y reviendra plus tard), on tricote cette grille puis celle de la partie gauche. Le centre du châle est représenté par la colonne en jaune ; le motif de feuille est grisé et se réalise sur 18 m et 32 rgs.
En fait, quand on y regarde de plus près, cette grille montre un motif-feuille entier et le démarrage d'autres motifs-feuille, placés en quinconce :
Il y a le gris de départ, un orange et un rose presqu'entiers et le démarrage de 3 autres : un turquoise, un vert et un mauve.
Comme vous le voyez, les motifs-feuille placés en bordure ou au centre (en gris, orange, rose, turquoise et mauve) démarrent pas un jeté, surmonté de (1 jeté, 1 m endroit, 1 jeté) au rg endroit suivant, alors que le motif-feuille central (en vert) démarre différemment : (1 jeté, une double diminution, 1 jeté) répété 2 fois de suite sur 2 rgs endroits qui se suivent.
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Le "vrai" motif-feuille est en fait au centre du dessin (le vert) et les modifications des motifs-feuilles placés sur les bordures ou de part et d'autre du centre sont apportées uniquement pour faire les augmentations latérales (détails sur châles III, avec le motif de Kiri (voir colonne de gauche) avec h = 20 et n = 12.
Les motifs-feuille sur les bords ou au centre démarrent donc par un jeté. Au centre, comme il n'y a pas de maille ou d'ensemble de mailles centrale(s), les deux motifs-feuille sont donc placés côte à côte, avec 2 jetés côte à côte, ce qui oblige à tricoter un double jeté aux rgs 1 et 3, puis 17 et 19 et 33 et 35. Aux rgs envers suivants, le double jeté sera tricoté en faisant deux mailles, 1 par boucle.
Voilà l'aspect des double jetés, à la base des 2 feuilles, en bas sur la photo (dans le sens du tricot) :
et en enfilade, le châle terminé :
Tricoter ce châle va consister à répéter un motif défini par un nombre de mailles et de rangs, le nombre de fois que l'on souhaite (selon la hauteur de châle que l'on veut) avant d'attaquer la bordure. Et le motif à répéter (encadré en noir sur la grille) sera centré sur le "vrai" motif-feuille défini ci-dessus.
En résumé, on tricote la grille jusqu'au rg 36, et on reprend au rg 21 : on tricote les 3 premières mailles du rg 21, les 18 m qui suivent (encadrées), de nouveau ces mêmes 18 mailles (on répète le motif) et on termine par les 2 m qui restent avant d'arriver au centre. On fait de même pour le côté gauche. On tricote jusqu'au rg 36 et on recommence au rg 21.
Voici ce que cela donne (j'ai décalé le démarrage du motif mauve pour les besoins du dessin) :
Les motifs qui se répètent se placent comme il faut pour que de nouvelles feuilles se dessinent. A chaque fois qu'on a tricoté le rg 36, on reprend au rg 21 en répétant ce motif encadré 3, 4, 5 etc. fois.
La bordure
Quand la hauteur du châle souhaité est atteinte, on prend la grille de la bordure. Comme l'expliqe Jane, les motifs de feuilles vont être terminés et entre chaque feuille, on remplit l'espace de mailles et de jetés sans redessiner de nouvelle feuille.
Et c'est là que beaucoup achoppent (dont moi, je l'avoue). Quand vous regardez les photos des réalisations des châles, vous en voyez avec une pointe centrale (le motif de remplissage), d'autres avec 2 pointes et d'autres avec le démarrage avorté d'une feuille au centre !
Une pointe (la maille centrale du châle est représentée par la colonne jaune) :
Il faut en fait tricoter la bordure avec une seule pointe au centre. Et pour y arriver, il faut faire au centre un seul jeté au lieu de 2 au rg 33 de la dernière répétition.
Voilà la grille de la dernière répétition telle qu'elle se présente, avec son double jeté au rg 33 (en rouge) :
et voilà ce qu'il faut tricoter au rg 33 :
La denière répétition s'arrêtera au rg 34, on n'ira pas jusqu'au rg 36 voire 38 qui sont dessinés. De cette façon, si on place le motif de la bordure au dessus, on voit bien que les motifs se correspondent au centre :
Mais on voit bien aussi que les feuilles ont le même nombre de mailles au rg 33 de la grille du corps du châle et au rg 1 de la grille de la bordure. Donc, quand on a tricoté le rg 33 de la dernière répétition, on démarre la grille de la bordure au rg 3 et pas au rg 1 :
Voici la grille plus développée :
Les motifs de feuilles commencés sur la dernière répétition (en orange) se terminent au cours de la bordure, et entre eux, il y a le remplissage avec des jetés et des m ensemble.
Concrètement, pour tricoter la bordure, on supprime les rgs 1 et 2 (en mauve), on tricote les 2 m du bord, le premier jeté, on répète le motif encadré jusqu'au centre, on tricote la m centrale du centre, on tricote de nouveau le motif encadré le nombre de fois nécessaire, et on termine par un jeté avant de faire les 2 m du bord.
Sur la photo ci-dessous, en bas, on voit bien le double jeté qui est à la base de la naissance de 2 nouvelles feuilles et les deux pointes des feuilles situées en dessous poussées l'une vers la droite et l'autre vers la gauche. Au tiers supérieur de l'image, on voit le jeté simple (diamètre plus petit) qui remplace le double jeté du rg 33, et le motif de remplissage qui va pousser les pointes de ces deux dernières feuilles l'une vers la droite et l'autre vers la gauche.
En résumé :
tricoter les grilles du corps du châle jusqu'au rg 36 ;
reprendre au rg 21 et tricoter jusqu'au rg 36 :
répéter les rgs 21 à 36 le nombre de fois souhaité ;
mais sur la dernière répétition, tricoter 1 jeté au lieu de 2 au centre du châle au rg 33 et terminer cette répétition au rg 34 ;
démarrer la grille de la bordure au rg 3.
Nouvelles traductions disponibles
Comforting Hearts shawl, châle semi-circulaire de Grace Yaskovjc
Bird's eye shawl de Sharon Miller
et le Pullover aux roses de Mrs Kauni, avec la fameuse laine Kauni Effekt
Destockage
Me trouvant à la tête de trop de pelotes (500 ? 600 ?), j'ai décidé de m'en défaire à des prix très compétitifs. J'alimenterai cette rubrique au cours du temps, le temps de trier et d'inventorier !
Côté tricots en cours, j'ai repris mes petits pulls tout simples que je donne à des associations et reprendrai Marina en standby en juillet -je ne sais pourquoi, j'aime tricoter les pure laine en été ! Autre projet : un Hyrna Herborgar en Sea Silk, mais j'ai demandé un coloris spécial, alors j'attends...
Je crois que j'ai bien parlé aujourd'hui ! Alors je me tais !
A bientôt, vale,
Christine








































































































































