Ma petite rubrique sur Noël a attiré quelques commentaires et je remercie en particulier Noémie qui a évoqué les coutumes espagnoles et Sophie qui précise que le sapin est mentionné pour la première fois à Sélestat en 1521 et qui transmet un lien intéressant . Je continue aujourd'hui avec le fameux Père Noël, et encore une fois, mes erreurs seront ravies d'être corrigées et mes imprécisions complétées si vous avez plus d'information. Catou, j'ai d'autres photos de soleil tout aussi magnifiques, il est possible que je le mette ici un de ces jours ? Côté concours, il continue !

Côté tricot, je vais survoler, car le Père Noël me prend toute la place ! Donc le Fair isle avec ses pupilles de chat (Monique, tu as raison !) a peu avancé, mais a son col :

C'est la première fois que je fais un col en V directement remonté sur le pull, et je suis assez contente du résultat, bien que je pense qu'il manque trois/quatre mailles de chaque côté, ça tire un tout petit peu :

Glaçon a également profité de mes aiguilles ; il attend d'être brodé avant d'être fini :

Quant au châle, merci Christine et Kajin pour vos encouragements qui ne m'empêchent pas de me tromper régulièrement dans ce i%juek?$çj! de point, mais on va bien y arriver. Je mettrai une photo la prochaine fois, car un rectangle en tricot n'a pas grand intérêt…

Noël, c'est la fête de la lumière, même lui en a plein les yeux et attend le Père Noël :

Le problème, c'est que je n'ai pas de cheminée, mon pauvre chat… donc tu peux toujours attendre !

Noël : le Père Noël, Saint Nicolas et les cadeaux

La coutume de distribuer des cadeaux le jour de Noël remonte aux Saturnales romaines et aux fêtes païennes qui accompagnaient le solstice d'hiver ; dans les pays nordiques, le dieu Odin ou des gnomes distribuaient des cadeaux aux enfants, puis il y a eu le petit Jésus, St Nicolas et d'autres personnages, et enfin, le Père Noël, qui nous vient … des Etats-Unis et s'est superposé à différentes cultures. Les fêtes du solstice et les anciennes Saturnales des Romains se transforment en fêtes masquées, les mascarades avec l'extrême licence que l'on imagine, et que l'Eglise condamne ; avec le XVème siècle qui voit l'émergence d'un nouveau regard sur l'enfant dont l'éducation devient une priorité, les fêtes du solstice prennent une autre tournure, et récompenser les enfants sages au moment de Noël se met en place. Mais la tradition des fêtes d'hiver qui ponctuent cette saison, et en particulier les douze jours qui séparent Noël de l'Epiphanie s'est maintenue au fil du temps.

Les ancêtres du Père Noël

On adorait le dieu Odin (ou Wodan) de la mythologie germanique, dans les pays nordiques, dans l'espoir en particulier d'assurer le retour du soleil après les longs hivers. On plantait alors un sapin illuminé par des torches et décoré devant les demeures. Odin monte Sleipnir, un cheval octopode, accompagné de deux corbeaux et est assimilé au Chasseur sauvage qui conduisait un bruyant attelage avec les Walkyries et les âmes des morts, pendant les nuits de tempête du solstice d'hiver, en faisant beaucoup de bruit pour réveiller la nature.

La fête païenne dite jol ou joulu - la fête de la lumière – est une très ancienne tradition des peuples nordiques, et s'accompagnait d'offrandes (sacrifices humains) et de libations de bière consacrées aux dieux Odin, Frøy et Njord. Au Xème siècle, en Norvège, le roi décide de placer cette fête le 25 décembre pour la christianniser mais elle a gardé son nom de Jul (qui a survécu dans le français "joli") et la bière de Noël juleøl a continué d'être brassée. Au cours de cette fête, on vénère un lutin censé protéger le foyer de tout maléfice pendant l'année.

Jul Tomte - ou petit homme de Noël - est la vision suédoise du Père Noël. C'est un petit homme maigrichon moitié lutin, moitié gnome, avec une grande barbe blanche, un petit bonnet rouge pointu, un manteau et des sabots de bois, supposé protéger la ferme.

L'homme de Noël  ou Weihnachtsmann apparaît en Allemagne en 1778 :

Accompagné de lutins, il coupe des sapins dans la forêt et les dépose couverts de présents dans les maisons. L'homme de Noël allemand se répand dans les pays voisins, comme en France, et devient le Bonhomme de Noël, le Père Chalande en Savoie ou le Father Christmas en Angleterre.

Le Père Chalande passait par la cheminée le jour de Noël et déposait des cadeaux destinés aux enfants. Lui aussi avait une grande barbe blanche et un chapeau pointu. Le Père Chalande est en fait la version savoyarde et du sud est de la France du Père Noël. Le mot Chalande vient de "calendes", et signifie Noël en patois.

Mais il y eut aussi le Père Janvier en Bourgogne, Olentzaro au Pays Basque,  Barbassioné en Normandie et  la Tante Arie en Franche-Comté.

St Nicolas

Il naît à Patara en Turquie au cours du IIIème siècle, se consacre à Dieu et devient évêque de Myre :

Il devient très populaire pour sa bonté envers les pauvres et son amour des enfants (une légende lui attribue même la résurrection de trois enfants).

Il est déporté et emprisonné sous Dioclétien, puis libéré, il s'occupe du Concile de Nicée (325). Il meurt le 6 décembre 343, et est enterré dans la cathédrale de Myre. Au cours du temps, de nombreuses légendes prolifèrent autour de ce saint qui obtient un immense succès au Moyen-Age. Une des merveilleuses histoires que l'on raconte à son propos concerne le dépôt miraculeux de dots dans les souliers séchant au coin de la cheminée pour des jeunes filles pauvres ; ceci serait à l'origine de la coutume des bas et des souliers installés pour qu'ils se remplissent de cadeaux pendant la nuit de Noël.

Il est devenu le saint patron de nombreux corps de métier ou groupes comme les pharmaciens (je l'ignorais !), les commerçants, les marins, les meurtriers, les pirates, les prostituées, mais aussi des pauvres et des enfants, ça rassure ! Il devient aussi le patron de villes, de régions voire de pays : l'Italie, la Grèce, mais surtout l'est de la France (il est le saint patron de la Lorraine) et une partie de l'Europe (Allemagne, Belgique, Autriche, Suisse, Pays-Bas, Russie…) le fête traditionnellement le 6 décembre, période d'échange de cadeaux.

Il monte un âne ou un cheval blanc aux Pays-Bas, et les enfants mettent des carottes et du foin dans leurs chaussures pour le cheval, en espérant qu'ils seront échangés contre des cadeaux. En Allemagne, Sankt Nikolaus ferait sa tournée en luge.

Il est accompagné d'un personnage noir au visage noirci, le père Fouettard dans l'est de la France (Hans Trapp en Alsace, Krampus en Autriche, Knechtrupprecht en Allemagne, Schmutzli en Suisse, Zwaarte Piet en Flandre...) qui est à la sanction ce que St Nicolas est à la gratification.

Santa Claus

St Nicolas est arrivé aux Etats-Unis en même temps que les colons européens et est resté très ancré dans les mémoires malgré la Réforme qui avait supprimé la fête de St Nicolas et remplacé le saint par le Christkindel (l'Enfant-Christ), symbolisé par une jeune fille (et souvent confondue avec Ste Lucie pour des raisons de dates, Lucie voulant en plus dire… lumière !).

Ce sont surtout les hollandais, ceux-là même qui fondèrent New York (la Nouvelle Amsterdam) qui apportèrent Sinterklaas qu'ils continuaient de vénérer malgré la Réforme, et qui devint d'ailleurs le protecteur de la ville. Mais l'arrivée massive de colons européens introduit Father Christmas et le Weihnachtsmann qui vont cohabiter avec le saint.

Un célèbre poème "A Visit from St. Nicholas", mieux connu sous le titre de "The Night Before Christmas" paraît en décembre 1823 dans un journal à New York et parle d'un lutin qui passe par les cheminées pour distribuer des cadeaux et voyage sur un traîneau tiré par des rennes ; ce texte va initier l'unification du St Nicolas américain, du Father Christmas anglais et du Weihnachtsmann allemand, tout en modifiant leur apparence physique. Les illustrations de Thomas Nast dès 1868 vont dès lors l'immortaliser en vieillard débonnaire et ventru, coiffé d'un bonnet rouge et vêtu de fourrure, fumant la pipe et parcourant la nuit de Noël en traîneau tiré par huit rennes. Sinterklaas devint par altération phonétique Sancte Claus puis Santa Claus…

Au Canada, Santa Claus "blague" les loups.

Le Père Noël

  Santa Claus subit sa dernière transformation dès les années 30, avec des publicités pour Coca-Cola de 1931 à 1964, vantant les mérites de cette boisson censée redonner des forces à Santa Claus pendant sa tournée.

Il prend définitivement son habit rouge bordé de fourrure blanche (les couleurs de la marque !), reste un joyeux vieillard ventripotent et joufflu, et… envahit l'Europe pour remplacer petit-à-petit Saint Nicolas ! Le Père Noël actuel n'est donc qu'une invention marketing…

Saint Nicolas, Santa Claus et le Père Noël réunis pour la photo :

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