Ce n'était pas la première fois que je prenais la D538 en direction d'Orange (pour les Chorégies) en quittant l'autoroute vers Romans. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait beau et que si le temps ne m'était pas compté, je faisais un peu de tourisme.

 

Mais samedi, ce fut la première fois que j'allais là :

 

 

et que je découvrais que plus fort que Jules Verne, je transitais par le Centre du monde, occupé par la Drôme et plus particulièrement le Valentinois.

 

Ma musardise me mène dans un premier temps à Chabeuil (Cabeolum), ancien camp romain et contrefort du Vercors, au pied d'une porte fortifiée du XIIème siècle :

 

 

Juste en face, une façade en trompe-l'œil avec un vélo très réaliste :

 

 

et dans la ville, un petit clin d'œil aux pognes (de Romans) qui deviennent subitement suisses lorsque la laine s'en mêle :

 

 

Explications fournies par un autochtone : le suisse est un gâteau valentinois, et "vous n'avez pas vu qu'il y a un point entre pognes et suisses ?".

 

Puis je m'en viens flâner sous la porte fortifiée de Montvendre (Mons veneris, la montagne de Vénus), datant du XIIIème et copie d'une porte de la ville de Florence :

 

 

La Baume Cornillane (Balma cornillana) doit son nom à la présence d'une grotte (balme/baume) dite de la Dame, cette Dame étant Catherine de Cornillan, grande famille de seigneurs locaux dont les armes sont trois corneilles. Il en reste un site exceptionnel avec un village féodal :

 

 

Et c'est ici que se sont déroulés des évènements majeurs il y a quelques millions d'années.

 

240 millions d'années en arrière, il n'existe qu'une masse unique de terres émergées : la Pangée (pan = tout, gée = geos= terres). Au cours du temps, des failles apparaissent et permettent aux continents de se séparer et de dériver : la région de la Baume Cornillane, en étant au cœur du monde, serait le témoin privilégié de ces évènements géologiques.

 

Reprenant la route, me voici arrivée : Crest, située sur une butte et dominée par le plus haut donjon médiéval de France (52 m) :

 

 

Le temps de poser la voiture, hop, c'est la fête (de la laine) dont voici la porte d'entrée :

 

 

(ça fait un peu temple tibétain !).

 

Sylvette y était également, mais comme nous l'ignorions mutuellement, nous ne nous y sommes pas rencontrées ! Mais je partage complètement ses réflexions sur cette exposition : beaucoup de couleurs flamboyantes, mais peu, très peu de laine à acheter chez ces artisans créateurs ! Et essentiellement des exposants de la région avec quelques démonstrations comme la teinture ou le tissage de lirette :

 

 

Ardelaine y a un grand stand, avec leur ligne de vêtements, leur gentillesse, mais aucune pelote de laine à l'horizon (j'ai effacé la photo par mégarde !). De la peinture à la main sur étamine de laine par Véronique Beyens (belles compositions et beaux assortiments de couleurs) :

 

 

où l'on voit du tissage sur la droite de la photo. Ainsi que sur ce stand avec des modèles très "couture" de Marie-Hélène Desort :

 

 

Du tricot machine que j'ai beaucoup aimé (Sophie Mottez) :

 

 

Quelques stands concernant le feutre comme celui-ci (Françoise Hoffmann) :

 

 

De la peau retournée pour faire des gants/moufles et des chaussons (Sylvie Saimmaime) :

 

 

On voit aussi des tricots mains chez Mireille Four, éleveur de chèvres mohair, mais pas une seule pelote :

 

 

C'est chez  Pauline Rodary que j'ai craqué pour ce mauve délicat (77 % mohair et 23 % soie)qui finira en dentelle :

 

 

Des tricots en angora chez Dougora, en alpaga et des écheveaux, mes premiers !

 

 

Enfin, mon stand préféré, celui de Catherine Morel (Atelier Garance à Montclar-sur-Gervanne dans la Drôme) :

 

 

Des écheveaux à profusion, des créations de pulls très originales, et surtout, un réel don pour associer les coloris chez cet artisan qui teint elle-même ses fils.

 

La laine en a inspiré plus d'un … et c'étaient des garçons !

 

 

 

Et dehors, un sympathique petit manège à vélo pour occuper les enfants (le pédaleur est déguisé en mouton…) et donner quelque chose à regarder à des poilus laineux pour passer le temps :

 

 

Des lapins angora en premier plan, et des moutons mérinos :

 

 

des chèvres mohair au premier plan, un alpaga et des chèvres angora au fond (les photos sont nettement meilleures chez Sylvette) :

 

 

Un petit tour du côté des "artistes textiles" m'a moins passionnée, mais j'ai beaucoup aimé ceci :

 

 

 

Petites gâteries

 

Impossible de rentrer sans quelques friandises, car la région s'y prête, avec des produits connus au plan national comme le nougat de Montélimar et les chocolats Valrhona. La pogne (de Romans), bien sûr, brioche en couronne parfumée à la fleur d'oranger, fabriquée à partir de la "poignée" de pâte à pain que les femmes mettaient de côté autrefois, le suisse (de Valence), en référence aux gardes suisses du pape Pie VI exilé et mort dans cette ville :

 

 

 

 

et à Crest, c'est la couve qu'on découvre, gâteau sec de Pâques. Beaucoup plus récent puisqu'il date de 2001 et qu'il n'est pas "traditionnel", le gâteau la Pangée qui associe les goûts d'abricot, d'amandes et de miel, et qui se présente entamé (souvenir de la faille initiale) avec un abricot sec au centre pour rappeler que la Drôme est au Centre du monde :

 

 

Cétait très bon !

 

A bientôt, vale,

 

Christine