Aujourd'hui, on baptise gratis !
Que de commentaires sur ce lac du Bourget ! Merci à vous toutes ! Aujourd'hui, j'emmène tout le monde faire un petit tour au Moyen Age, sur les bords de ce même lac, mais auparavant, tricot !
Faisons dans la dentelle
La dentelle pita est une dentelle traditionnelle des Açores, archipel de l'Atlantique au large du Portugal. Vers 1841-42, pour des raisons économiques, on pousse les paysannes à tricoter de la dentelle en utilisant des fibres végétales tirées de l'agave (Agave americana Lin.), "pita" en portugais. Cette dentelle réalisée sur 5 aiguilles avec un bout crocheté, très fines et légèrement incurvées a permis notamment de réaliser des châles, des robes ou des foulards.
J'avoue que je ne sais si on dit "dentelle pita" ou "dentelle en pita", Urraca, et je ne sais si on en fait encore, peut-être que Luisa pourrait nous renseigner ? Quelques exemples de ce travail très fin ici, avec visite du site obligatoire, il y a de très belles choses.
Côté anecdotique, voici ce qu'est la dentelle des Alpes, avec en particulier une recette qui nous parle de "pita" (ouf, tout est low-fat et low carb, me voilà rassurée !), et une autre plante de la famille des Agavacées, un yucca "pita" qui se prend outre pour une dague ou une baïonnette espagnole, pour de la dentelle de Don Quichotte ! Intriguée, j'ai quand-même cherché : ce n'était qu'une coquille, et la dentelle est devenue la lance. Comme quoi, vaut mieux parler français finalement !
La dentelle oya est le nom de la dentelle turque. Pas tricotée celle-là, mais à l'aiguille, en nouant les fils. Elle remonterait à 6-800 ans avant JC, et n'a été connue en Europe qu'au XVIème siècle. Ce site que j'avais trouvé l'an passé (très riche en exemples divers) parle pourtant de tricot, et je crois qu'aujourd'hui, la technique à l'aiguille est couramment remplacée par celle au crochet. Un grand merci à Denise qui m'a envoyé deux sites que je vous communique : Arkadaslar et Lacefairy. Et un autre avec de belles images.
Le lien entre aiguille à tricoter et crochet est très fort, puisque les premières aiguilles à tricoter avaient des bouts crochetés (outils longtemps traditionnels au Portugal, aux Açores et en Turquie par exemple), outils encore utilisés au début du XXème par les bergers, même nos bergers de Landes d'après ce que j'ai trouvé ; on parle d'ailleurs de "shepherd knitting" ou tricot des bergers, ou encore crochet de Bosnie, crochet tunisien, qui est un intermédiaire entre tricot pur et crochet puisqu'on utilise une longue aiguille, et que les mailles sont toutes gardées sur l'aiguille à l'aller et rabatues au retour (quand on ne tricote pas en rond). On obtient des points très similaires à ceux du tricot dépendant de l'endroit où on fait passer le fil. Cette façon ancestrale de tricoter se retrouve dans la méthode continentale, puisqu'on crochette avec l'aiguille droite le fil tenu par la main gauche.
Short cable shawl : pas si short que ça...
J'ai complètement délaissé le jacquard pour finir ce châle qui n'en finissait pas. A l'arrivée, un triangle de 95 cm de haut et de 1,90m d'envergure, en Aurore de Phildar mélangé à un fil en rayonne/viscose, qui lui donne des reflets et son tomber.
En réalité, il est carmin/rouge groseille...
J'avais prévu une bordure, j'en ai fait une autre ! C'est donc le premier que je dessine entièrement, j'ai encore des progrès à faire avant d'arriver à la cheville de Dorothy Siemens ! Et puis je n'ai pas tricoté avec un fil zéphyr en tout fin, mais avec de bonnes grosses aiguilles N° 5...
détail de la pointe et de la bordure
LBS : une lntégrale de châle
On connaît mon attirance pour les chiffres et mon côté matheux. Eh bien j'ai été servie.
Le problème :
résoudre l'intégrale de zéro à l'infini de FBS :
sachant que (2 pelotes de Fine kid d'Anny Blatt coloris "gel") :
La solution : un châle avec le point du FBS modifié (agrandi de 2 mailles donc de 4 rangs, et avec un jeté supplémentaire)
Leaves on a Branch Shawl (on l'appellera Feuillage par la suite)
C'est votre faute aussi... A force de me faire connaître des nouveaux fils et des nouveaux patrons, j'en suis réduite à faire les soldes et à acheter du neuf au prix fort et à m'obliger ensuite de trouver quelque chose à faire avec. Et ce n'est pas tout, j'avoue... Bon, avant de passer au confessionnal, courons aux fonts baptismaux !
On ne jette pas le bébé avec l'eau du bain
Tous les ans en juillet au Bourget-du-lac (sur le lac du Bourget...) se tiennent les "Médiévales des Dames", fête qui met à l'honneur les femmes et qui retrace l'histoire de la Savoie dans l'ordre chronologique. Cette année, on baptisait Edouard Ier Plantagenêt, fils aîné de Henri III, roi d'Angleterre et d'Eléonore (ou Aliénor) de Provence. Le lien avec la Savoie ?
Eléonore de Provence (1222-1291) est la fille de Béatrice de Savoie et d'un comte de Provence, Raimond Bérenger IV ;
Béatrice de Savoie est la fille du comte Thomas Ier, celui qui achète le château de Chambéry en 1232 ;
Elle est aussi la soeur du comte Amédée IV, quelle chance ;
Donc Eléonore de Provence est la nièce d'Amédée IV, comte régnant au moment de son mariage avec le roi d'Angleterre en 1236. Elle profite de son statut pour installer un clan savoyard à la Cour de Londres, qu'elle dote d'un certain pouvoir.
Syanètes médiévales, rencontres en costume, animations diverses autour du Prieuré, avec cette année un accent particulier sur les jeux médiévaux des enfants ponctuent la journée qui se termine par un banquet (médieval of course) et une retraite aux flambeaux. Voici quelques images pour vous donner envie de venir l'an prochain.
Le Prieuré
Fondé par St Odilon, abbé de Cluny au XIème siècle sur un terrain concédé par Humbert aux Blanches Mains, le fondateur de la Maison de Savoie, le Prieuré se caractérise par un très beau cloître refait au XVème siècle et un jardin à la française.
On reconnaîtra les armes de Savoie, un écu "de gueules à la croix d'argent", présentes également sur la place du village, à côté de l'église St Laurent :
Partout, des bénévoles en costumes et des chevaux :
et la Dent du Chat en haut à droite
Et là, quelque chose qui nous intéresse, la cote de mailles (non, ce n'est pas le monsieur qu'il faut regarder !) :
à votre avis, c'est du point mousse ?
En tout cas, c'est de l'acier, et même si on n'utilise pas d'aiguilles mais une pince pour assembler les anneaux, on dit "tricoter des mailles".
Le baptême princier a été administré par la Cour pontificale d'Avignon (petite erreur ? Les papes ne s'installent en Avignon qu'au XIVème siècle il me semble ?).
un cardinal et 2 évêques, rien n'est trop beau pour un prince !
Au Moyen Age, le baptême était affaire sérieuse : grand cérémonial, les parrain et marraine avaient un rôle très important et surtout, immersion totale. On donne un nom à l'enfant au cours de ce rituel. Un bain plus les Saintes Huiles administrées par l'évêque en même temps rendent le bébé qui n'est pas nu (comme un ver) particulièrement luisant (comme un ver), surtout quand il fait chaud !
La cérémonie se termine par des cris de joie de la foule, des acclamations et des embrassades. Enfin, au Bourget-du-lac...
J'ai donc pour la première fois de ma vie embrassé (sur la joue) un chevalier du Moyen Age... heaume abaissé en plus !
Mais il y a d'autres curiosités, que l'on rencontre au détour de la promenade, comme ce retour de chasse extrêmement poignant :
il faisait chaud pour tout le monde...
Allez, je vais prendre une douche, bonne semaine à vous tous qui passez par là.
A bientôt, vale,
Christine
Tous à l'eau !
La chaleur est revenue, les touristes sont là, ça sent l'été et de nombreuses animations ont lieu dans les villes et les villages en France. C'est l'occasion de vous faire découvrir le lac du Bourget (un peu seulement) et d'apporter un peu de fraîcheur à celles qui ne sont pas encore parties en vacances. Je précise que le lac du Bourget est celui d'Aix-les-Bains, à côté de Chambéry, Savoie (73) et pas celui d'Annecy en Haute-Savoie (74)...
D'abord, merci pour les commentaires que vous avez laissés. Eh oui, le FBS était bien français comme l'a parfaitement compris Marie-Hélène qui lui a trouvé son surnom : French But Spoiled (ah, j'aurais bien aimé le trouver, tu m'as coupé l'herbe sous le pied...). Krystine, il est très simple le modèle français : il y a juste les petits trous autour de la feuille ! Je reconnais que le modèle américain est plus élaboré et que la bordure lui ajoute un charme indéniable.
Sûr Noémie que ce ne sont pas les américains qui ont inventé la dentelle ! Mais j'ai l'impression qu'en France, on manque de créateurs en dentelle par rapport à ce pays, en tout cas aujourd'hui. Je crois que ce qu'on appelle la dentelle a existé très vite dans de nombreux pays, initialement à l'aiguille et aux fuseaux, puis d'autres instruments ont été utilisés, dont les aiguilles à tricoter, mais c'est plus récent. Tu connais la dentelle pita ? Ou Urraca ? Bon, d'accord, ce n'est pas espagnol mais portugais... Et la dentelle oya, quelqu'un connaît ? Isabelle, j'indique mes sources dans mes posts, et il existe beaucoup de livres avec des points de tricot dont des points dentelle, et des livres de modèles de châles et d'étoles en dentelle. Si tu veux te lancer dans la création à l'aide d'un point, tu peux consulter trois de mes posts sur les yo-yo(s) dans les archives d'avril et de mai.
Côté tricot
J'ai évidemment démarré un autre petit projet en dentelle, mais pas très élaboré comme tous ceux que je fais pour le moment. Et comme j'ai vu que j'étais la seule (je crois) sur les blogs français à faire des châles avec un nom français, j'ai décidé pour cette fois de faire comme tout le monde, il s'appelle Short cable shawl ! J'ai hésité entre short et small, mais short sonnait mieux à mon oreille française. Il y a peu de trous, mais des torsades, ça change ! Et si c'est de la dentelle, elle n'est pas très raffinée...
J'ai ressorti mon équipement, puisque j'ai repris de l'Aurore rouge et mon cône de fil de rayonne (viscose) qui tourne sur son plateau au fur et à mesure que je tire le fil (que je ne passe pas par dessus, mais que je déroule autour de la grosse bobine) ; ça fait du bruit, mais Oscar s'y est habitué !
Les fleurs norvégiennes poussent grâce à la chaleur et à l'arrosage quotidien :
Bref, je m'amuse toujours autant avec mes aiguilles.
Le lac du Bourget (NB : j'ai volontairement mis des images que l'on peut agrandir, notamment les cartes et les vues aériennes)
La Savoie, dont le nom viendrait du latin Sapaudia (sans doute en référence aux sapins) est dès le XIIè siècle le domaine d'une nouvelle lignée princière qui deviendra la Maison de Savoie (je rappelle que je n'en fais pas partie...), avec ses comtes puis ses ducs. Le seigneur de Chambéry vend la ville à Thomas Ier, comte de Savoie, en 1232, mais se garde le château ; Thomas II, fils du précédent et frère du comte régnant Amédée IV décide de s'installer au bord du lac du Bourget, à une dizaine de kilomètres, où il se fait construire un château en 1248, tandis que la Cour reste à Aiguebelle (Maurienne), lieu de résidence des comtes de Savoie, également comtes de Maurienne. L'acquisition du château de Chambéry par les comtes de Savoie n'est réalisée qu'en 1295, et la Cour (Amédée V) s'y implante à ce moment.
Le lac du Bourget, le "lac majeur" de France, est le plus grand lac naturel entièrement français : orientation nord-sud, 18 km de long sur 3 km de large au maximum, superficie de 45 km², altitude de 230 m, profondeur moyenne de 85 mètres et maximale de 145 mètres, ce lac a été creusé par un glacier rhodanien au cours du quaternaire. Il est encadré par deux chaînons jurassiens :
- le massif abrupt de l'Epine avec le Mont et la Dent du Chat, du côté occidental,
- les montagnes plus douces de Cessens et de la Chambotte qui descendent sur Aix-les-Bains du côté nord-est,
et est souligné sur sa rive orientale par le front des Bauges, massif alpin cette fois-ci (Mont Revard).
Le tunnel du Chat (à gauche et en bas sur la photo de gauche), situé sur la RN 504 traverse le massif de l'Epine, tandis que l'autoroute A43 qui vient de Lyon le traverse par le tunnel de l'Epine, de plus de 3 km de long. Le lac communique avec le Rhône par le canal de Savière, au nord.
Vu du ciel, et justement par sa pointe nord, on voit le Rhône en premier plan, le massif de l'Epine à droite, à gauche les montagnes de Cessens et de la Chambotte, à gauche et au second plan le front des Bauges (falaises), au fond et à gauche le massif de Belledonne enneigé, et au fond sur la droite, le massif de la Chartreuse.
Le massif de l'Epine plonge de façon abrupte dans le lac, et cette partie occidentale, appelée la côte sauvage, n'est accessible qu'en bateau :
La profondeur du lac devient donc importante très rapidement, et on peut approcher de très près le rivage et trouver de petites plages (toutes petites) sans la foule :
Mais il faut partager ! Le lac possède une faune importante, notamment les oiseaux de différentes espèces comme les cygnes, qui sont très nombreux et très familiers des touristes, des canards bien sûr, des hérons cendrés qui nichent dans les roseaux, et des aigles :
Le décor étant planté, je vous emmène faire son tour, en partant de sa pointe sud puis et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, et en m'arrêtant en certains endroits.
La Dent du Chat : seule aspérité du massif de l'Epine, c'est un piton rocheux de 1390 m d'altitude qu'on voit de loin.

extrait de Geol-Alp
La légende raconte qu'au Moyen-Age, un pêcheur ayant peur de rentrer bredouille, fit le voeu de remettre à l'eau le premier poisson qu'il pêcherait. Evidemment, qund il l'eut pêché, il le garda et promit, sûr, de remettre le suivant à l'eau. Las, le suivant était plus gros, et il ne l'y remit pas. Là, il se signa, et promit solennellement de remettre etc etc... La troisième prise fut un chaton... Pas question de le remettre à l'eau, il l'emmène donc chez lui. Petit chaton grandit, grandit tellement qu'il devient un monstre et surtout sème la terreur dans les environs en tuant les manants. Je fais bref : un jour, un chevalier réussit à le tuer et à le précipiter du haut de la montagne dans le lac. Dans cette bagarre, il y laissa une canine, plantée là-haut, la Dent du Chat, et depuis, son corps agite de temps en temps les eaux du lac en provoquant des tempêtes (ce qui est vrai, les tempêtes sont violentes et surtout, soudaines).
Le Bourget-du-lac : c'est là que Thomas II se fait construire son château en 1248, et malgré l'installation de la Cour à Chambéry à la fin du siècle, la résidence du Bourget reste appréciée des Savoie. Mais les princes de Savoie délaissèrent les rives du lac du Bourget en 1438 pour celles du lac Léman, puisqu'ils partent s'installer en Haute-Savoie, à Ripaille. En dehors du château (ruines), il y a un magnifique Prieuré et surtout de nombreuses animations d'été, en particulier la "Médiévale des Dames" dont je vous parlerai la prochaine fois.
Bourdeau : station nautique qui dispose de quatre ports. Beaucoup de monde !
L'Abbaye royale d'Hautecombe : fondée au XIIème siècle par les cisterciens, elle est le lieu d'inhumation des princes de la Maison de Savoie, comme la basilique Saint-Denis pour les rois et reines de France. Pillée à la Révolution, elle fut reconstruite dans un style "gothique troubadour"...
Comme souvent, les religieux savaient choisir leurs coins...

extrait de Geol-Alp
Même déformée par la prise de vue en panoramique, Hautecombe (premier plan) a une vue imprenable sur le lac ! D'Aix-les-Bains, à droite sur l'autre rive, partent de nombreux bateaux qui emmènent les touristes sur ce lieu magnifique. Et ce n'est pas nouveau...
Un certain Alphonse, traversant le lac pour Hautecombe a sauvé de la noyade une certaine Julie Charles, au cours d'une tempête. Venue à Aix soigner une maladie pulmonaire (et depuis quand les thermes d'Aix soignent ces maladies ?), la belle était assez volage, mais avec un mari de plus de 40 ans son aîné, on peut la comprendre ! De là naquit une belle histoire, de nombreuses balades sur le lac se terminant dans une grotte, la grotte dite de Raphaël où je ne vous dirai pas ce qu'il s'y passait... Bien sûr, vous aurez reconnu "Elvire" des Méditations poétiques, héroïne du fameux "Lac". Elvire-Julie mourut l'année suivante de sa tuberculose. A l'époque, le BCG n'existait pas...
Le canal de Savière : il relie le lac dans sa partie nord au Rhône, dans le village de Chanaz, ancienne frontière entre la Savoie et la France (la Savoie ne fut réunie à la France qu'en 1860). Long de 4,5 km, c'est le seul cours d'eau européen à pouvoir inverser le sens de son cours lors des crues du Rhône, ce qui provoque la montée des eaux du lac de plusieurs mètres. De nombreux vestiges gallo-romains ont été découverts dans cette zone, mais le site à ne pas manquer, c'est le moulin à huile de Chanaz qui fait une huile de noix et de noisettes, je ne vous raconte pas ! Pour la traversée du canal, c'est ici !
Le château de Châtillon : la petite pointe rocheuse qui s'avance dans le lac partie nord est surmontée d'un château qui date du Xème siècle. A l'époque, c'était la seigneurie la plus importante de la région et le lac s'appelait d'ailleurs le lac de Châtillon.
Il a souvent changé de main, et est encore habité aujourd'hui par ses propriétaires.
La baie de Grésine et Brison-St-Innocent : des fouilles archéologiques (auxquelles j'ai participé une fois dans ma jeunesse) ont permis de trouver de très nombreux objets dans cette baie. Les rives du lac étaient déjà peuplées il y a au moins 1000 ans. Le petit village de Brison-St-Innocent, en fait la réunion de deux villages, Saint-Innocent et Brison-les-Oliviers, est abrité par la baie ; orienté plein sud, il bénéficie d'un microclimat méditerranéen qui autorise la croissance en pleine terre d'oliviers, de figuiers, de bananiers et de mimosas. A visiter, la grotte des fées, enième hommage aux fées en France, et l'arboretum.
Aix-les-Bains : au pied du Mont Revard, c'est une ville alimentée par une eau qui vient du Rhône et qui passe sous le lac. Ceci produit des sources chaudes, à l'origine de l'installation des romains qui en sont très friands. Aujourd'hui, on y traite les pathologies relevant de la rhumatologie. Donc on y trouve des vestiges romains, notamment des installations thermales, des curistes, un casino, mais de nombreuses activités touristiques liées à la présence du lac.
Notre petit tour du lac se termine par les communes de Tresserve, le Viviers-du-lac puis Voglans sur la pointe sud du lac, où se situe l'aéroport de Chambéry. Mais on repartira au Bourget la semaine prochaine avant d'aller visiter d'autres lieux savoyards.
Bonne semaine à toutes et à bientôt, vale,
Christine
Faire le point et faire des points
Tout d'abord, merci pour les commentaires sur la vie mouvementée d'Oscar-Herr Cucul Poire-à-eau quand il se prend pour un fin limier ! Je me suis moi-même amusée en retour quand j'ai vu une connexion sur ma page via un traducteur automatique, et je me demande encore ce que le pauvre lecteur anglophone aura compris de mon histoire et surtout de celle d'Herr Cucul Pear-with-water (je n'invente rien, vive les logiciels !) qui attaque le troisième chapitre avec la question
MAIS QUI DONC A TUE LA SOURIS DU COLONEL ?
traduite par "but which thus a kills a mouse of the colonel ?" (incompréhensible...). Et quelques autres exemples qui ont dû édifier le pauvre lecteur :
- an unknown soldier (hold, they is well made, it was made saucer by the storm !) pour "un soldat inconnu (tiens, c'est bien fait, il s'est fait saucé par l'orage !)", pauvre soldat inconnu transformé en soucoupe...,
- Herr Cucul Pear-with water is annoyed any red (the blow of the buffaloes, it too is !) pour "Herr Cucul Poire-à-eau se fâche tout rouge, le coup des buffles, c'est trop !", pauvre Oscar qui a senti le souffle des buffles...,
- it returned in your office for surfer on Internet pour "il est rentré dans votre bureau pour surfer sur Internet", et voilà que le logiciel ne reconnaît même pas les mots d'origine anglaise...,
- le caporal Chasse-mouches devient the corporal Drive out-Flies,
- et le detektiv qui quitte le camp en sifflotant, quand il le fait en anglais, "leaves the camp while sifflotant", le logiciel était épuisé sans doute !
Aujourd'hui, je vais être "sérieuse" et ne parler que de tricot.
Amalthée tout d'abord
Inspiré de Feather and Fan dans A gathering of lace, je n'ai fait que le couper en deux et changer le fil (le mien est plus gros). J'ai vérifié les grilles avant de démarrer (cohérence du nombre de mailles en fonction des augmentations indiquées), et comme tout allait bien, j'ai démarré.
Mon fil n'était pas identique, certes, mais, mon dessin était un peu différent en proportion, par exemple la grande feuille me semblait trop longue et pas assez "ronde". J'ai donc scanné la photo du modèle et regardé de plus près la photo du châle pour la comparer à la grille : il y a 4 rangs de trop sur la première grille !
- La feuille ne comporte que 7 double trous-trous et pas 8, donc il y a un rang en trop entre le 15ème et le 27ème (plus le rang pair suivant)
- le rang 35 (ou le 33) est en trop (et donc le rang pair suivant).
J'ai donc recommencé, en modifiant la grille à différents endroits pour retomber sur mes pieds à la fin de cette première grille.
Il semble aussi que la fin de la première petite feuille (rang 15) ait aussi été tricotée différemment de ce qu'il y a sur la grille. Quand on suit la grille, cela ne ressemble pas à la photo. J'ai aussi remplacé le double jeté du début par un simple, et le triple jeté de la grosse feuille par un double, qui me semble encore excessif (mais là, c'est peut-être dû au fait que ma laine est plus grosse). Puis j'ai supprimé 2 rangs sur 8 pour la grille suivante, mais pour avoir une pièce bien plate, j'aurais dû en supprimer 3 sur 8. Bon, c'était un premier essai, mais je crois de toute façon que je préfère les triangles visuellement !
A propos de triangle...
Le FBS est français !
Dans un vieux magazine qui date du début des années 70 (en France, on tricotait et on crochetait beaucoup de châles à ce moment-là), voilà ce que j'ai trouvé :
Un châle au tricot, tricoté du cou vers la pointe, avec les augmentations sur les bords et de part et d'autre de la maille centrale, et un motif de feuille tout simple. Il suffit de rajouter quelques jetés et mailles ensemble à l'intérieur de la feuille, de supprimer les rangs mousse de la bordure et de les remplacer par quelques rangs qui prolongent le point dentelle, et de virer les franges, et hop, on a un FBS. Est-ce que Madame Evelyn A. Clark possède cette revue ?
Améthyste
Il est fini :
Réalisé en Batik d'Opal, qui est une laine bayadère, un premier essai avec le patron du FBS s'est soldé par une remise en pelotes, on ne voyait pas le dessin. Donc j'ai utilisé le point (réduit) d'un châle dans Shawls and Scarves et ai inventé une bordure toute simple : rajout de deux rangs de point mousse dans un autre fil (mohair) et mailles rabattues avec picot avec mon fil Batik, en utilisant à la fois les aiguilles et un crochet, tout en maintenant les diminutions et les augmentations pour garder les mouvements de pointes que donne le point dentelle du châle :
Les en cours
Un châle : avec mon autre fil Batik d'Opal, coloris automnaux, j'ai d'abord fait ce point :
Ca n'allait pas, on ne voyait rien. J'ai défait et fait le "FBS français" :
Retour à l'état de pelotes, le fil est trop bayadère, ce n'est pas beau, il ne convient pas pour un point dentelle, alors que le mauve passait bien.
Le norvégien
Ca pousse ! Mais pas vite :
Toujours aussi belles ces fleurs, et que j'aime cette laine !
A bientôt, vale,
Christine
Mort sur le fil - cha(t)pitre 3
Ach, on a eu un gros orage, j'ai retrouvé figure féline et ma dignité. Mes petites cellules grises ont pu fonctionner. Oui, moi, Herr Cucul Poire-à-eau qui vous tient en haleine depuis quelques jours, j'ai enfin pu résoudre cette douloureuse énigme:
MAIS QUI DONC A TUE LA SOURIS DU COLONEL ?
Pour ceux et celles qui débarquent aujourd'hui et qui ne comprennent rien, rendez-vous ici pour le premier chapitre et là pour le second...
Et je rassure tout le monde, il s'agit bien d'un blog de tricot ! Mais les mailles qui me vont sont "après", en dessous, à la fin, en espérant qu'elles vous aillent aussi.
NDLE (note de l'éditeur) : n'ayant accordé à Madame Agaga Christine que 3 posts et pas les 287 pages habituelles du Livre de Poche, il a fallu faire le plus court possible. Ce qui fut extrêmement difficile pour l'auteur ! Qui s'en excuse au préalable.
Derniers éléments de l'enquête
On est toujours mardi 21 juin. Herr Cucul Poire-à-eau a visité le reste du camp et procédé à l'interrogatoire du capitaine Chassieux et du colonel Châtaigne dans la matinée. Il reprend ses interrogatoires dans l'après-midi, après avoir déjeuné au mess (c'est au cours de ce déjeuner qu'il apprend qu'on le surnomme Herr Pékin dans le camp. Ce qui, contrairement à ses hôtes, ne l'amuse pas du tout.).
Sa légendaire débonnaireté est mise à mal, car il se sent regardé, guetté, surveillé, pisté, épié dans ses moindres faits et gestes, et par tout le monde, ce qui est très agaçant :
quelques exemptes : le colonel Châtaigne et un soldat inconnu (tiens, c'est bien fait, il s'est fait saucer par l'orage !)

Au fur et à mesure des interrogatoires, il éliminera de la liste des suspects tous les militaires qui ont été vus avec une souris :
non, ce n'était pas celle du colonel...
Mais le cas du sergent Chat Ron'-Stone fut plus délicat, car il avait été vu la veille vers 19h40 avec une souris très ressemblante, mais après quelques questions embarrassantes, il finit par avouer que sa souris n'était pas celle du colonel, qu'il suffisait de l'ouvrir, et qu'il menait une double vie (la preuve en cliquant sur la souris) :
Interrogatoire du commandant Chasseur
Il se rend au mess vers 19h15 où il est vu en train de dîner d'une truite saumonnée, mais il prétexte un coup de fil à passer et quitte les lieux vers 19h25 (le téléphone "public" se trouve dans le bâtiment des bureaux, à côté du distributeur de boissons). Ce qui semble étrange, c'est qu'il ne finit même pas sa truite, alors qu'il adore le poisson :
"J'ai manqué oublier, j'avais dit à ma femme que je l'appellerai avant 7 heures et demie", précise-t-il, "c'est l'heure où elle couche le petit". Il dit qu'il a rencontré le 2ème classe Charcuté avec un autre militaire devant le distributeur de boissons, mais surtout, qu'il a entendu la voix du capitaine Chassieux dans le bureau en passant devant celui-ci (ce qui confirme l'appel téléphonique du colonel). Il ne revient au mess qu'à 19h55, en compagnie de l'adjudant Chatmailleur. Herr Cucul Poire-à-eau découvre qu'il est couvert de dettes et que le colonel lui a refusé son avancement donc une solde plus conséquente.
Interrogatoire de l'adjudant Chatmailleur
C'est un sacré caractère ! Orgueilleux, coléreux, voire violent... Récemment mis au gnouf par le colonel pour avoir tenu tête ! Vexé l'adjudant... Il arrive dans la salle de tir vers 18h30, et cesse son entraînement vers 19h10. Il va prendre une douche, quitte les installations sportives vers 19h17, heure à laquelle il est interpellé par un lieutenant qui fume devant le mess. L'adjudant lui répond "j'arrive !", mais il n'arrivera qu'à 19h55, avec le commandant Chasseur. "Qu'avez-vous fait pendant ce temps" lui demande le détektiv ? "J'étais dans ma chambre, un coup de fatigue...".
Interrogatoire du 2ème classe Charcuté
Renversé par la jeep du colonel le 17 juin, sa perm du week-end pour son propre mariage a sauté ! Le 20 au soir, il est seul à l'infirmerie (à l'étage au-dessus des bureaux) avec le caporal Chasse-Mouches, le médecin-chef Charlatan s'absentant entre 18 et 20 heures. Il attend la visite du 1ère classe Chatviré dont c'est la quille. "Il est arrivé vers 19 heures, et nous sommes descendus au distributeur de boissons vers 19h15." Il rajoute : "Vers 19h30, on a vu le commandant Chasseur qui arrivait à ce moment-là, pour téléphoner, puis on est parti peu de temps après". "Avez-vous vu le capitaine Chassieux ?" Le deuxième classe confirme la déposition du capitaine, il l'a bien vu sortir du bureau, "il était 19h38", puis il est remonté dans sa chambre après avoir quitté son ami Chatviré. "Il avait l'air content le capitaine, j'ai trouvé ça bizarre...".
Pensées profondes de Herr Cucul Poire-à-eau
Herr detektiv est heureux ! Il a même réussi à téléphoner au 1ère classe Chatviré qui confirme le témoignage du 2ème classe Charcuté ; oui, il quittait bien le camp ce soir-là et était juste passé pour lui dire au revoir.
Il est 17h15, Herr Cucul Poire-à-eau a cherché partout, il pense qu'il a tout compris et convoque le lendemain à 8 heures précises le colonel Châtaigne et ses 4 suspects principaux :
- le capitaine Chassieux, présent dans les lieux à l'heure du crime. Mobile : humiliations permanentes ;
- le commandant Chasseur, également présent dans les bureaux à l'heure du crime. Mobile : avancement refusé ;
- l'adjudant Chatmailleur, qui avait le temps d'aller dans les bureaux. Mobile : mise au gnouf ;
- et le 2ème classe Charcuté, dans les locaux. Mobile : accidenté par le colonel, son mariage est annulé et sa fiancée vient donc de le plaquer.
Ses petites cellules grises ont été efficaces, il n'a pas eu besoin de l'aide de l'aspirant Chaman, ni du sous-lieutenant En-Voyantchat-jedevineke avec sa boule de cristal, ni du sergent-chef Chatpoté dit Charry Potter,
et encore moins du lieutenant Supercat :
Il quitte le camp en sifflotant.
Et le coupable est...
Mercredi 22 juin, au camp, 8 heures. Herr Cucul Poire-à-eau lisse ses moustaches, il jubile. Ses "invités" arrivent, il les fait asseoir. Il récapitule les faits et gestes de chacun, puis se tourne vers le colonel : "ce qui m'a tout de suite intrigué dans cette affaire, c'est d'une part la présence d'une troisième empreinte inconnue dans votre bureau (uniquement sur le bureau et dans la poubelle), la fenêtre ouverte à 21 heures et la connexion Internet en cours, alors que personne ne se trouvait dans ce bureau. Pouvez-vous m'expliquer colonel ?
- Les empreintes, non, la fenêtre ouverte oui - j'ai demandé au capitaine Chassieux de la laisser ouverte à cause de la chaleur -, la connexion, il doit s'agir d'un oubli ?" ;
- Vous confirmez la fenêtre capitaine Chassieux ?
- Ja, Herr detektiv."
"Donc, colonel Châtaigne", reprend Herr Cucul Poire-à-eau, "vous quittez les lieux vers 18h45, vous êtes d'ailleurs salué par le planton puis par la sentinelle Chaperon quand vous quittez le camp dans votre 4x4 :
Mais vous ignorez un détail : les aspirants Chatmouflage et Catastrophe, en manoeuvre militaire dans le bois derrière votre bureau, aperçoivent votre inénarrable 4x4 garée dans ce bois justement, vers 19 heures. En dehors de l'aspect de la carosserie, la plaque d'immatriculation ne fait aucun doute..." :
Le colonel avoue qu'il a été chasser ("oui, je sais, c'est interdit...") puis qu'il s'est reposé ; il a dû quitter le bois vers 20 heures :
cliquer sur la première photo pour voir la partie de chasse (attention, fichier de 2,5 mégas)

Herr Cucul Poire-à-eau se fâche tout rouge (le coup des buffles, c'est trop !) :
Je vais vous dire ce qui s'est passé, moi !
"Vous quittez le camp à 18h45, vous allez vous garer dans le bois. Vous appelez le capitaine Chassieux à 19h30 pour qu'il s'en aille, le commandant Chasseur entend d'ailleurs parler dans le bureau. Là, vous attendez quelques minutes pour être sûr que les lieux soient vides. Vous escaladez la clôture, passez par la fenêtre restée ouverte, tuez votre souris et repartez par le même chemin.
- Et pourquoi donc aurais-je tué ma propre souris ?", ironise le colonel Châtaigne...
- "Vous étiez jaloux du capitaine Chassieux qui avait reçu un équipement informatique neuf quelques jours avant, alors que l'Administration n'a jamais voulu vous l'accorder malgré plusieurs demandes ! Vous en rêviez ...
Vous avez donc décidé de profiter de cette soirée où le camp étant très animé, personne n'aurait remarqué quoi que ce soit, et fait en sorte de faire accuser le capitaine Chassieux pour pouvoir récupérer son matériel. Mais vous n'aviez pas prévu la visite du 1ère classe Chatviré au 2ème classe Charcuté. Quand il a vu le capitaine Chassieux sortir du bureau, il a immédiatement profité de l'occasion puisque que le 2ème classe venait de regagner l'infirmerie ; il est rentré dans votre bureau pour surfer sur Internet, pensant être tranquille toute la nuit. Et quand il vous a entendu sous la fenêtre, il a sauté dans la poubelle, d'où il a assisté à toute la scène.
D'où les nombreuses empreintes sur votre bureau et dans la poubelle, et la connexion encore active quand je suis arrivé vers 21h15. N'est-ce pas ?
Dès que vous êtes parti, le 1ère classe n'a pas demandé son reste et a quitté très rapidement le camp" :
La nouvelle a fait le tour du camp :
Non, c'est pas vrai ! - Si, j'te dis ! -Tu aurais cru ça, toi ?


Herr Cucul Poire-à-eau a bien mérité ses vacances...
Non, Herr Cucul Poire-à-eau ne tricote pas
Mais moi, si ! Le norvégien a peu avancé :
Le nouveau petit châle Améthyste, réalisé en Batik d'Opal (60% laine, 30% polyacrylique et 10% polyamide), s'inspire d'un modèle de Myrna A.I. Stahman dans Shawls & Scarves. J'ai commencé par faire un FBS, mais le modèle n'allait pas du tout avec cette laine changeante : ces laines "mangent" les dessins. Il me fallait un motif beaucoup plus géométrique, avec une forme simple et des plages plus importantes de jersey sans trous. J'ai donc opté pour ce point dont j'ai réduit la taille. il n'y aura pas de panneau central, quant à la bordure, on verra plus tard !
Enfin, Amalthée, fini :
De celui-là, je parlerai plus en détail la prochaine fois. Oui, Catou, je l'ai bien adapté en demi-cercle. Quelques détails du col et de la pointe :
Il est couleur beurre clair. Le fil est de la Mohair 50 de Pingouin (50¨mohair, 50% acrylique).
Merci à toutes celles qui ont pris le temps de commenter les délires d'Agaga ; là, je souhaite à tous les lecteurs, les anonymes et les autres, d'excellentes vacances, et vais reprendre pour l'été au moins le style du "blog pas bavard" que certaines ont connu...
A bientôt, vale,
Christine



















































