Non, je ne vais pas me fâcher tout rouge. Mais blablatersonner "rouge" à propos du schmilblog de la dernière fois. (Le tricot, c'est tout en bas !).

Blasonner...

... ou comment parler des armoiries avec les règles de l'héraldique. Rassurez-vous, on va faire court, car c'est très complexe !

bl0Imaginez un chevalier au Moyen Age, tout emmitouflé dans son armure, tête comprise, une sorte de robot métallique, tout gris. Comment le reconnaître ? Dès le XIème siècle, on décore le bouclier avec des symboles de façon à identifier le chevalier lors de tournoi, puis apparaissent les bannières lors des Croisades (ancêtres de nos drapeaux), porteuses également de symboles permettant d'une part de se reconnaître et d'autre part au banneret (seigneur d'un fief) ou au chef de rallier ses vassaux ou ses troupes. Comme on peut le voir, la bannière des blogs exprime bien l'idée d'identification ! Puis, on a pris goût à l'art d'assembler les symboles pour caractériser quelqu'un, un groupe ou un lieu : les armoiries viennent de là.

Un peu de vocabulaire avant, même si on a pris l'habitude d'utiliser tous ces termes un peu comme des synonymes :

Ecu : c'est le nom du bouclier au Moyen Age (l'écuyer étant un noble qui portait l'écu du chevalier) ; en héraldique, c'est le corps du blason, en général en forme de bouclier.
Armoiries : ensemble des signes, symboles, devises et ornements de l'écu (une famille, une ville, un état peuvent avoir des armoiries).
Armes : ce sont justement ces signes et symboles que l'on trouve sur l'écu.
Blason : ce n'est que la description des armoiries (surtout de l'écu) dans la langue héraldique.

Par exemple, la ville de Paris : l'écu à gauche et les armoiries à droite
bl1bl2

La nef, les fleurs de lys sont des armes.
Les armoiries se composent de l'écu et d'ornements (soutiens : couronne à tours crénelées, branches de chêne et de laurier ; devise Fluctuat nec mergitur ; décorations : Croix de la Libération, Légion d'honneur et Croix de guerre).
Le blason de la ville : de gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d'azur semé de fleurs de lys d'or. Vous avez tout compris ?

Les émaux

Les boucliers en métal présentent une surface à ciseler ou à émailler. En héraldique, les armoiries ont conservé ce vocabulaire, et se composent de trois types d'émaux :

les métaux : or et argent ;
les couleurs : gueules (rouge), azur (bleu), sinople (vert), sable (noir) et le pourpre (violet) ;
les fourrures : en fait, une combinaison d'émaux pour rappeler les peaux qui ornaient les boucliers. Il y a le vair (fond azur avec des petites cloches d'argent) et l'hermine (fond argent avec des mouchetures sable).

Pour en savoir plus, deux sites intéressants : Au Blason des Armoiries et La banque du Blason.

Le schmilblog du 2 août dernier : il avait de la gueule(s) ?

Des croix, du blanc et du rouge. La croix dans la plupart des cas vient des croisades. Le Saint Empire germanique avait dans ses armoiries l'aigle noir sur fond jaune, mais disposait aussi d'une bannière rouge à la croix blanche touchant les bords, pour symboliser son rôle protecteur de la chrétienté (le rouge symbolise le sang, la guerre, et avec la croix, les croisades). Dans toute l'Europe, on retrouvera l'aigle (romain), la croix ou les couleurs du Saint Empire dans de nombreuses armoiries.

Copie_de_b1La Savoie (la Maison de Savoie) comme vous l'avez trouvé (de gueules à la croix d'argent). Cet écu dérive directement de celui du Saint-Empire germanique.

sdkjfhs:

ds!fl

Copie_de_b5Chambéry, préfecture de Savoie (de gueules à la croix d'argent cantonnée en chef à dextre d'une étoile d'or - dextre : on décrit toujours un écu comme si on le portait, c'est-à-dire placé derrière). Au Moyen Age, la ville, capitale du Duché de Savoie avait le privilège de porter les mêmes armes que le souverain, avec en plus le signe distinctif de l'étoile d'or (symbole de son statut de capitale).

sdkjfhs:

Copie_de_b3La Suisse (de gueules à la croix alésée d'argent -alésée = qui ne touche pas les bords), seul pays du monde avec le Vatican à posséder un drapeau carré. Si la croix symbole du christianisme se répand dans les armoiries en Europe dès la fin du XIIème siècle, en Suisse, les villes-états choisissent des drapeaux très simples, qui ne sont pas issus du pouvoir écclésiastique, et la croix en est absente. En 1291, les cantons signent un "contrat" d'entraide mutuelle, et partent en guerre contre les savoyards en 1339. Pour se reconnaître entre eux puisqu'il n'existe pas d'uniforme national, ils ont idée de coudre des croix blanches sur leurs vêtements : cette croix a une valeur symbolique double, à la fois religieuse, mais aussi d'appartenance à leur confédération. Mais le drapeau suisse final tel qu'on le connaît aujourd'hui ne date que de 1889.

Copie_de_b2Bien sûr, c'était l'emblème de la Croix-Rouge, créée en 1864 à Genève par Henry Dunant. Ce symbole des Conventions de Genève qui est le drapeau suisse aux couleurs inversées n'a à l'origine aucune connotation religieuse mais sanitaire : le blanc est le symbole de l'homme qui se rend et sur lequel on ne tire pas, le rouge, celui du sang. Mais aujourd'hui la Croix-Rouge dispose de 4 emblèmes : la croix, le croissant, le lion-et-soleil, et le cristal rouges.

Copie_de_b4Et enfin, le Danemark ! Le drapeau possède aussi une croix chrétienne, celle de Saint Olaf, mais couchée sur le côté. C'est la croix scandinave que l'on retrouve sur tous les drapeaux des pays nordiques, mais aussi sur celui du Mouvement Normand, un mouvement autonomiste.

Merci en tout cas d'avoir participé, et surtout d'avoir cherché !

Et le voilà, le tricot !

Le bonnet aux mailles glissées ayant suscité des convoitises de la part de mes neveu (7 ans) et nièce (11 ans), je me suis empressée de leur faire un couvre-chef avant qu'ils ne partent. Clément a donc eu son pompon bleu, et Chloé a hérité d'un bonnet avec un petit air "retro" :

Chloé : Flamme de Cheval Blanc (30 % laine et 70 % acrylique), Mohair 50 de Pingouin (beige), et reste rose
Copie_deChlo__70806 Copie__2__de_File0003
et perles !

J'ai été inspirée par un post de Modestine (merci), et le petit chapeau de la poupée Bleuette paru dans un numéro de novembre 1928 de La semaine de Suzette (voir son blog à la date du 22 juillet) ! La bordure en point de riz, ce n'est pas génial, la prochaine fois, je resterai en jersey.

Epatés par le pompon bleu du petit frère, ils ont voulu apprendre à les faire. J'ai eu des élèves très attentifs...

Copie_de_P8060014

Cette dernière semaine fut une époque de bonnets taille ados :

un quelconque, et Pralines (en Wonderwool Color de Schoeller+Stahl, 51% laine, et un reste de fil beige)
Copie_de_EK12_30706 Copie_de_Pralines_50806 Copie
Effets de jacquard en prenant l'autre extrêmité de la pelote

Un autre en mailles glissées : Chevrons (Kid Anny d'Anny Blatt, 80 % kid mohair, et Mimosa de Cheval Blanc, coton et acrylique)
Copie_de_P8050004_chevrons_60806 Copie_de_File0001

Ce fut aussi une période de fin de travaux :

Louis II, 5 ans (Pingoland de Pingouin -15 % laine shetland -, jacquard en Bébé Douceur -100 % acrylique - et Miss Helen et Canasta de Phildar - viscose mélangé -)
Copie_de_LouisII_80806 Copie__2__de_File0001 Copie__4__de_File0001

Et ce fut enfin une semaine où j'ai débuté un truc avec des trous, en laine à dentelle coloris November sky :

tr
Quel bleu ! Et quels trous !

J'ai été bavarde ? Ah, bon... Je vous quitte là alors ! Je vous signale juste le blog de Jacqueline que j'ai découvert il y a peu, Sapaudia, qui est le nom du territoire que les Romains avaient donné aux burgondes pour s'y installer : la Sapaudia était dans le coin de Genève, et est l'ancien nom de la Savoie. N'allez pas croire que je suis chauvine, de plus, je ne suis pas savoyarde ! Par contre Jacqueline l'est.

A bientôt, vale,

Christine