lundi 28 octobre 2013

Chat alors !

NB : comme d'habitude, si l'histoire ne vous intéresse pas, le tricot est à la fin !

Un chat sinon rien ?

Regardons de plus près ces petits riens qui nous (des)habillent, en commençant par le bas.

Les bas d'abord.

Que de temps passé entre ça :

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Source : Le costume historique

et ça (vous reconnaissez ?) :

Il y a bien longtemps, pour se protéger du froid, on enroulait des bandes de tissus autour des jambes ; ça ne tenait pas très bien... puis la maille est arrivée au XVe pour une meilleure tenue mais seules les Cours en profitaient car c'était du tricot-main, nouveau et cher.

Au XIVe siècle, les hommes portaient des chausses qui couvraient toute la jambe, grands tubes de tissus  qui s'attachaient au bas du pourpoint (le costume masculin était très court). Puis dès le début du XVIe siècle, les chausses se sont séparées en hauts-de-chausses ("trousses", sortes de shorts plus ou moins bouffants, puis les culottes, et enfin les pantalons) et bas-de-chausses (qui ont donné les "bas"). La première image montre des nobles anglais du début du XVIIe portant un haut-de-chausses bien bouffant, et des bas attachés avec de biens jolies jarretières !!! et que dire des chaussures.... Histoire passionnante que celle du haut-de-chausse sur Le costume historique, à lire absolument !

Pour en revenir au tricot et pour raccourcir l'histoire, voici les grandes dates qui ont jalonné l'histoire du bas qui est maintenant un sous-vêtement exclusivement féminin (exit les danseurs et la contention médicale).

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- XVe siècle : on commence à tricoter des bas (uniquement en rond). D'abord réservés aux riches (les Cours européennes, puis les nobles), les bas sont tricotés en soie, en jersey puis en dentelle. Ils font fureur à la Renaissance qui veut que la jambe soit bien moulée. 

- XVIe et XVIIe siècles : la France et l'Espagne se disputent la première place de fournisseurs des Cours de bas de soie en dentelle tandis que l'Angleterre, grâce à Elisabeth 1ère, développe une énorme activité économique autour du tricot de la bonneterie en laine.

- Fin XVIe siècle - XVIIe siècle : la même Elisabeth, pour protéger l'économie de son pays, refuse de breveter le métier à tricoter de William Lee inventé en 1589. Henri IV accueille ce pauvre pasteur anglais, brevète sa machine : le tricot machine est né. Réduisant les coûts de fabrication, le métier à tricoter va permettre la fabrication "en masse" des bas (à plat) et autoriser les classes sociales inférieures à accéder à ce sous-vêtement. A la fin du XVIIe, on trouve des bas de soie pour homme vendus sur les foires.

La femme ne montre pas son pied et encore moins sa jambe pendant très longtemps, mais elle porte aussi des bas, cachés. Passons à plus près de notre époque...

 - 1920 : les premiers bas de soie pour femme, jauge fine apparaissent sur le marché. Les bas sont tricotés à plat et cousus à la main (ce sont les bas "couture"). Ils sont retenus par des jarretelles et un sous-vêtement super affriolant : le porte-jarretelles ! Le porte-jarretelles à l'époque n'est pas un accessoire de séduction, mais un accessoire essentiellement pratique et médical, pour éviter aux femmes d'avoir des problèmes de circulation sanguine car elles mettaient des élastiques pour empêcher leurs bas de rouler sur la jambe.

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L'Ange bleu, 1929

 - 1930 : on commence à utiliser la rayonne (autre nom de la viscose, qui vient du bois) pour remplacer la soie qui est chère. Ces nouveaux bas dits "en soie artificielle" sont épais, semi-opaques, bref, moches...

- 1935 : découverte du nylon (un polyamide), fibre entièrement synthétique. Le brevet est déposé en 1938.

- 1940 : premier bas fabriqués en nylon ("soie synthétique"). Toujours à couture, ils sont censés ne pas filer, mais surtout, ils sont fins et transparents. Lancement aux Etats-Unis, succès immédiat, 64 millions de paires sont vendues en un an. Mais la guerre qui arrive réquisitionne la fabrication du nylon pour autre chose que les bas et la commercialisation s'arrête.

- 1945 : arrivée en Europe des bas nylon. Pendant la guerre, les femmes se teintaient les jambes et dessinaient la couture avec un crayon...

La France devient très vite le leader mondial de la fabrication du bas nylon, car il est de qualité irréprochable. A la Libération, le bas fait 70 deniers, dans les années 50, il est nettement plus fin et atteint 15 deniers. Il y a des ateliers de remaillage un peu partout et le bas chic est fully-fashioned, c'est-à-dire en forme (présence de diminutions) et avec un renfort au talon.

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 Regardez comment on nous parle en 1954 :

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- 1958 : la société de bonneterie Begy se lance 5 ans après sa création en 1953 à Troyes dans la fabrication des bas, et démarre tout de suite avec la fibre nylon. Tout va aller très vite à partir de cette date. Cette société française innovante et visionnaire a déjà déposé en 1956 un brevet à l'INPI pour fabriquer deux bas réunis par une culotte, pour s'affranchir du porte-jarretelles. Ca vous parle ? Aux Etats-Unis, les panty-legs (combinaison d'un panty et de 2 bas) sont inventés en 1959, soit à peu près à la même date : les collants ne rencontrent pas vraiment le succès.

- 1958/1960 : invention du métier circulaire, on peut enfin tricoter des bas sans couture ! Qui seront nettement moins chers bien sûr.

- 1961 : Le Bourget lance sa marque Têtu pour commercialiser ses premiers bas sans couture.

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- 1962 : la vente de bas sans couture sur le marché français  dépasse de loin celle des bas à couture. Le prix de revient, donc de vente, n'est pas étranger à cette success story.

La même année, la société Begy lance le bas Dimanche, le premier bas sans couture vendu à l'unité ! 25 % de part de marché dans la foulée, pas mal... Regardez la pub, c'est trop mignon !

Eh oui, voilà ce qui a fait que la société Begy s'est finalement appelée Dim en 1965 sur les conseils de Publicis. (Pour les nostagiques ou les chauvins, Dim appartient aujourd'hui à des américains...). Dim, que vous connaissez sûrement, c'est le Tatatata tata - ré, sol, la, si bémol, ré, mi bémol des pubs, musique de Lalo Schifrin qui a composé la musique du film The Fox (musique sans droits d'auteur...).

- 1962 toujours : Mary Quant lance la mini-jupe (pour que les femmes attrapent un bus plus rapidement paraît-il). La jupe plus courte que la longueur du bas, ça ne va pas, et les ventes des collants explosent au milieu des années 60. Le mannequin ci-dessous vous rappellerait-il votre jeunesse par hasard ? 

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- 1968 : Dim lanche le collant en boule dans un petit cube avec un ajour pour voir la couleur du produit et devient en 2 ans le second acteur du marché international du collant. Exit les pochettes plates !

Puis le collant a vu ses ventes diminuer à cause du pantalon, et les bas avec le porte-jarretelles redevenir à la mode dans les années 80 grâce à Chantal Thomass qui en fait un accessoire de séduction.

Mais aujourd'hui, le collant fantaisie se porte très bien et stimule la créativité ! La preuve en images (vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir) et vive les chats !

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Mais moi, ceux que je préfère, ce sont ces collants griffés de Pamela Mann. Rigolo, non ?

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Chat alors !

Les bas et les collants appartiennent à la bonneterie ; ce mot vient bien de bonnet, mais la bonneterie n'a plus rien à voir avec les bonnets aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle après le bas (les bas), on va passer au haut (bonnets)...

Jouons à chat perché

Mon devoir de vacances un peu mis de côté, j'ai tricoté un bonnet avec des chats assis sur la bordure. Il y avait un moment que je voulais tester un point particulier qui consiste à faire un petit bout de tricot à part ; la queue des chats me semblant la partie idéale pour bénéficier de cette technique, j'ai dessiné un motif, attrapé mes pelotes de laine (Cascade 220 Sport, 100 % laine, 150 m/50 g) et tricoté des rouquins :

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Le revers est rattaché au tricot en tricotant chacune des mailles du montage avec la maille ouverte correspondante sur l'aiguille gauche ; les petits queues ont été tricotées en même temps que le chat, puis fixées sur la bordure par un point de couture. Même si j'avais trouvé la technique pour planquer les noeuds entre les deux feuillets du revers, cela ne me satisfaisait pas et j'en ai refait un autre. Avec des chats noirs.

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Cette fois-ci, les petites queues ont été tricotées avec la bordure. Les noeuds seront cachés à l'intérieur une fois le revers plié et rattaché au tricot. La troisième étape a été d'en tricoter d'autres dans différentes tailles : des chats blancs, des roux clairs et des gris tout en testant le travail avec d'autres fils.

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 White whiskers (moustaches blanches) est un bonnet tricoté en 3,5 et en rond ; c'est un jacquard à fils tendus et les moustaches sont rebrodées à la fin. Le patron est disponible sur Ravelry ou Créations online ; écrit pour 7 tailles (du bébé à l'adulte), il comporte 3 tutoriels avec photos pour le tricotage de la queue, le pliage du revers et la broderie des moustaches. Ce n'est pas très difficile à faire, le point le plus important étant de bien laisser les fils souples à l'arrière pour ne pas resserrer le tricot.

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Mon devoir de vacances (le pull suédois bleu et gris) a bien avancé et j'en parlerai la prochaine fois. Je suis enchantée à la fois par le modèle et par les fils !

Pour terminer, une petite vidéo ? Chat alors, il y a aussi des chiens !

A bientôt, vale,

Christine

Posté par Christine 73 à 01:02 - Commentaires [19] - Permalien [#]


samedi 5 octobre 2013

Petites laines

Il a fait bien chaud, il continue de faire beau, mais l'automne est bien là avec ses jolies couleurs et les petites fraîcheurs du matin. Alors en attendant de reprendre le grand chantier de l'été qui a à peine commencé, j'ai joué avec mes aiguilles et réalisé des petites pièces dont on aura bientôt besoin.

Bon, d'abord, je montre à quoi ressemble le chantier de l'été ? Un tricot en rond, des côtes bicolores "traditionnelles" et un feuillage qui promet :

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J'ai envie de vite m'y remettre tellement c'est original !

Toujours dans les bleus, un  Pop spots N° 3 terminé tout récemment. Le fond est de la Fine kid d'Anny Blatt, coloris Libellule, 2 pelotes pile (j'ai encore eu des frayeurs pour la bordure !) et les spots qui poppent sont tricotés avec un fil de Crazy Zauberball de Schoppel-Wolle, coloris Olives-mix, associé à un alpaga tout fin d'Isager, l'Alpaca strik 1, en coloris Chartreuse.

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Très belle association de couleurs, mais qui m'a été inspirée par l'auteur de ce châle, Juju Vail, je n'ai donc pas trop de mérite. Et en plus, ces tons plaisent beaucoup à ma maman, donc je vous laisse deviner chez qui va aller cet accessoire ? Pop spots est disponible en français si ça tente quelqu'un, et j'ai fait un petit tuto sur le point, enfin sur une façon de le faire plus rapidement, ici.

Il se tricote en partant du cou et la bordure en dentelle se travaille à la fin, en la rattachant au fur et à mesure au bord du châle.

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Encore dans les bleus, mais plus doux, un bonnet en Tosh sock de Madelinetosh, coloris Celadon, histoire de ne pas mourir idiote, car je n'avais encore jamais tricoté un fil de cette marque et que tout le monde ne jure que par elle. Bilan : je n'ai pas trop aimé. Sans doute parce que c'est un fil "superwash" et que ça le rend tout mou et glissant ? Je n'en rachèterai pas d'autant plus qu'il est très cher, et que je ne vois pas ce qui justifie son prix ! Après tout, ce n'est qu'une laine à chaussette, pure laine certes, mais quand-même...

J'ai utilisé un point que je lorgnais depuis longtemps car je voulais l'utiliser sur l'envers : 2 couleurs contrastées et des mailles qu'on relève plusieurs rangs en-dessous pour les tricoter avec les mailles de l'aiguille gauche. J'ai donc marié ma Madelinetosh avec un petit reste d'alpaga marron de Drops pour créer Céladon, un bonnet légèrement slouchy, c'est-à-dire un peu lâche et dont le fond pend un peu :

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Et sur l'envers ? qui est l'endroit du point, voilà ce que ça donne (la tête en polystyrène est plus petite qu'une tête d'adulte, ce qui donne un aspect démesuré au bonnet, mais ce n'est pas le cas) :

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Donc j'ai récidivé en utilisant l'endroit du point, cette fois-ci avec des laines moins contrastées : de la Diva (77 % kid mohair et 23 % soie) du Mohair des fermes de France, coloris Tomate, et un reste de Crazy Zauberball de Schoppel-Wolle, coloris Burnt almonds.

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Le patron de ce modèle, Right WS (l'envers est le bon côté en français), est disponible sur Ravelry ou sur Créations on line. Il est écrit pour de nombreuses tailles et pour les deux versions, avec un tutoriel en images pour la réalisation du point ; il se tricote en rond et en 3,5.

Saint-Cyp, du nom de la petite ville où j'ai passé mes vacances, est aussi une création des derniers jours de l'été. Un peu slouchy lui aussi, il est tricoté en 4 avec de la Cascade 220 Sport de Cascade yarns, un fil pure laine très souple (150 m/50 g, 24 m. pour 10 cm en 3 ou 3,5). J'ai choisi le coloris Pumpkin Spice, très très joli, pas potiron du tout malgré son nom. J'adore. Il présente des torsades insérées dans du point mousse et est très simple à tricoter.

 

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Modèle également disponible sur Ravelry et sur Créations on line.

Juste avant mes vacances, Hélène m'a offert un patron, un joli petit boléro pour fillette, Entrechat. J'ai vite trouvé le fil adéquat, de la Wintuk de Caron, attrapé les aiguilles pour tout mettre dans la valise et je suis revenue avec le modèle fini. J'ai beaucoup aimé, merci encore Hélène.

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Et pour terminer (si ! si !), encore un petit bonnet, Mimizan, un modèle que j'ai testé  pour l'auteur. C'est un point de mailles glissées et déplacées à un moment, bicolore, un peu technique mais très bien expliqué. J'ai demandé à traduire le modèle, je vous tiens au courant. J'en ai fait 2...

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Sur ce, je me sauve !

A bientôt, vale,

Christine

Posté par Christine 73 à 18:28 - Commentaires [11] - Permalien [#]

jeudi 29 août 2013

Chaud ! c'est toujours l'été

soleilLa rentrée se profile, tout le monde en parle, et même les températures ont un petit coup de mou. Eh bien ! moi, je pars.

Dans le sud, entre Perpignan et l'Espagne. 28 degrés jusqu'à au moins jeudi, oui ! Le soleil, la mer, le muscat de Rivesaltes et d'ailleurs, les balades dans cette région que je connais bien, le petit tour "obligatoire" au Perthus. Vous m'enviez, je le sais. Pardon.

J'espère surtout que cette escapade aura raison de ma tendinite/tennis elbow queje traîne maintenant depuis 3 semaines au moins, et qui ne passe pas malgré le gel anti-inflammatoire et la cure d'ibuprofène à haute dose. Demain, j'achète un anti-inflammatoire, un vrai, puissant, forme retard. Non mais. Et comme mon estomac n'a aucun problème avec eux, profitons-en !

Mais je ne joue pas au tennis du tout. Je tricote, c'est tout. Un peu, beaucoup, passionnément, et certainement trop.

Tout a commencé avec Chimaira. Modèle que j'ai traduit et que j'ai eu envie de faire alors qu'il n'était pas prévu. Pas d'achat de laine, j'ai pris dans mon stock : de la Delight violette/verte de chez Drops et de l'alpaga de Drops également, le violet foncé et de l'orange. Pour les avoir déjà tricotés ensemble, je trouve que l'alpaga violet foncé (4400) et la Delight violette/verte (14) se marient bien.

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Il faut aimer les rangs raccourcis pour tricoter ce modèle. J'avoue que j'ai commençé à me lasser à la troisième série. Mon coude aussi. Mais j'ai insisté. Il ne fallait pas. J'ai quand-même terminé ce châle à qui j'ai rajouté deux rangs de jacquard violet/orange en point mousse et une petite bordure au crochet qui m'a donné des sueurs froides : il m'est resté 20 cm de fil ... Pas mal, pas mal ce châle, il me plaît bien.

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afAutre(s) tricot(s) non prévus : des bonnets sur le thème du thinking cap. Si j'ai bien tout compris, le thinking cap vient d'une expression anglaise : Put on your thinking cap, expression qu'on utilise quand il s'agit de penser très très fort pour trouver une solution à un problème.

Organisé par le groupe Jamieson's of Shetland sur Ravelry, ce CAL (create-along) m'a tenté définitivement plus que les KAl qui fleurissent partout sur le net. Il fallait tricoter un bonnet Fair-Isle, si possible avec leurs fils ? Hop ! Un petit tour dans ma boîte (très grosse) à Spindrift et 2 ply Jumper Weight pour sélectionner des couleurs. L'idée ? je l'avais déjà car déjà exploitée dans mon Triskell.

Alors j'ai récidivé.

Le cerveau d'abord, et ses circonvolutions,
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puis l'influx nerveux,
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et les ondes cérébrales,
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et enfin, les neurones (enfin, un seul...) avec ses dendrites et son petit axone si important en biologie.
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Il y a eu Cogito ergo sum, 10 couleurs :

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Avec une nouvelle expérience :
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J'ai voulu m'amuser, un deuxième est né : I think, therefore I am, 7 couleurs :

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Le dessus est différent, car c'est un bonnet plus grand

puis j'ai voulu valider mon patron avec J'y pense !, 6 couleurs :

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Plus de photos sur Ravelry. Le patron (3 euros) est disponible sur Ravelry.

Les autres projets de l'été ? Le Pop Spots n'est pas terminé et mon devoir de vacances a peu avancé parce que les laines venues du Grand Nord (Norvège et Suède) ont mis du temps à arriver et parce que la tendinite m'a forcée à oublier les aiguilles pendant une semaine.

Devoir de vacances :
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Allez, je vais être sympa, je vous montre quand-même les laines ! Plus couleurs de fjords ou de glaciers que de la Méditerranée...

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A bientôt, vale,

Christine

 

 

Posté par Christine 73 à 00:53 - Commentaires [14] - Permalien [#]

vendredi 12 juillet 2013

Chaud froid, c'est l'été !

L'été sera chaud et en couleurs, je vous l'avais dit.

Edit du 16 juillet : le châle Chimaira est maintenant disponible en français. C'est un châle triangulaire mais asymétrique, qui se tricote du cou vers le bas, en point mousse et à rayures, avec un travail de rangs raccourcis. Pour l'avoir traduit, je précise qu'il ne présente pas de difficultés particulières. Il bénéficie d'un prix promotionnel jusqu'au 18 et d'un KAL organisé par son auteur, Mélanie Berg. Achat sur Ravelry.

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crédit photo : Mélanie Berg

Revenons à notre été chaud et en couleurs ...

L'été ? la saison propice aux voyages et à la recherche d'un peu de fraîcheur. Pour le moment, je ne bouge pas, mais ce sont mes laines qui me parleront de l'été.

Mandarine satsuma

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Le mandarinier Citrus reticulata subsp unshiu, originaire du Japon, donne des fruits doux, qui se pèlent facilement et en général sans pépins. Les mandarines "satsuma" ou mikan (nom japonais) très colorées et juteuses, sont depuis plus d'un siècle également produites dans différents pays comme les Etats-Unis, le Maroc et la Corse.

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Oranges toniques également dans le fil Helen's lace de Lorna's lace (50 % mérinos, 50 % soie, environ 1150 m/115 g), coloris ...Satsuma

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Cette couleur m'avait tapé dans l'oeil dès que je l'avais vue et malgré son prix, je m'étais fait plaisir. L'écheveau se morfondait dans un placard depuis deux ans, mais j'ai tout de suite pensé à lui pour faire le châle Lotta's Lilacs que j'ai traduit récemment. Et puis associer un fil d'un créateur américain à un modèle d'un designer d'origine russe, j'ai trouvé ça rigolo...

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En plus, le trouve que le motif - qui, lui, est estonien - évoque les quartiers du fruit ouvert

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Le Japon et l'Estonie sont distants de 7616 km ; on peut les rapprocher avec seulement 600 m de fil :

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Modèle Lotta's Lilacs de Diana Rozenshteyn

Bordure du modèle Henslowe (en anglais uniquement)

Devoir de vacances

Ici, ce sera un modèle suédois, tiré d'un livre étonnant : Medieval-Inspired Knits de Anna-Karin Lundberg. Je vous en parlerai plus tard, car j'attends une partie de mes laines. Voilà ce que je veux faire :

 

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Un beau jacquard à fils tendus, en rond, avec les "steeks" norvégiens et la paire de ciseaux qui va avec, bref, tout ce qui me plaît ! Et puis il y a longtemps que je n'avais pas fait de jacquard, et ça me manquait.

Par contre, je ne le ferai pas dans ces tons de feu, mais dans les tons bleus, pour me rafraîchir ! Le fil est une pure laine, achetée en Suéde, assez semblable à la Hifa 2 (laine norvégienne), et je ne vous raconte pas la commande en suédois !! A suivre donc.

Et en attendant, des petits pois

Oui, je sais, déjà vu. Tant pis, j'aime ce modèle, et puis il faut bien que je m'occupe en attendant mes fils du Grand Nord, non ?

Pop Spots III, dans les tons bleus et verts, il me parlera des mers du Sud

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Pop Spots est un modèle de Juju Vail, designer anglaise, également disponible en français

Après tous ces pays et tous ces fils qui soufflent le chaud ou le froid, il me reste à vous souhaiter un très bel été, du soleil, du repos et de belles images à ramener.

On se retrouve en septembre ?

A bientôt, vale,

Christine

 

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vendredi 5 juillet 2013

Avant, après

Allégresse, mon patron de châle gratuit, réalisé ici en Malabrigo Worsted, coloris Emerald

En 2007, date de sa sortie, 180 cm x 75 cm

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En 2013, après une machine programme laine, 110 cm x 53 cm

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Bien feutré, bien cartonné, même pas bon pour un animal !

Oscar 1er, trouvé en janvier 2003 (à gauche), et en 2013 (à droite et au milieu) : les mêmes beaux yeux bleus, des poignées d'amour en plus et toujours aussi nunuche !

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Pretzel, petite chatte siamoise poilue comme Oscar, trouvée en Floride à 5 semaines, aveugle et malformée au niveau du train arrière : elle est aujourd'hui amputée de la patte arrière droite et vit dans une famille qui l'adore avec notamment une petite fille de bientôt 3 ans, Donna, et 2 chiens.

En décembre 2012 au moment de son sauvetage (à gauche), et aujourd'hui (à droite)

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Miss Pretzel, modèle Bergère de France 1995/1996, taille 3 ans, qui va partir aux Etats-Unis pour Donna.

Avant,

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après :

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A bientôt, vale,

Christine

 

 

 

 

 

Posté par Christine 73 à 22:25 - Commentaires [8] - Permalien [#]



dimanche 23 juin 2013

Encore des trous, mais sans paroles ...

Lilarose, 3-4 ans, en pur acrylique

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Modèle Lila[c]loud de Nadia Crétin-léchenne, gratuit et en français

 Coeurs en choeur VII, mélange laine/alpaga, 185 cm x 90 cm

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CO2 CO4 CO3

Modèle All-Over Lace Faroese shawl de Jackie Erickson-Schweitzer, payant et en anglais

Mandarin, mélange laine et soie (début)

Mandarine satsuma

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Helen's lace (coloris Satsuma) de Lorna's lace

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Point estonien, pas difficile à faire

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Modèle Lotta's Lilacs de Diana Rozenshteyn, payant, disponible en français

L'été sera chaud !

A bientôt, vale,

Christine

 

 

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mardi 4 juin 2013

Je fais des trous EXPRÈS !

Qui n'a pas eu des trous dans son tricot après avoir lâché une maille ? Et accessoirement lâché des jurons peu après ?

Mais quand ce n'est pas accidentel,  c'est de la dentelle.

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Dentelle

fraiLa  véritable dentelle serait apparue à Venise au XVIe siècle, après quelques ébauches à partir du XIIIe siècle. Elle est d'abord connue sous le nom de passementerie (1539). Le mot "dentelle", en relation avec les petites dents qui peuvent l'orner, n'apparaît que vers 1549 pour désigner un "tissu léger à jours".

La technique au tout début consiste à enlever des fils d'un tissu et à broder par-dessus ; puis on fabrique des tissus de plus en plus fins (tulle) qui sont brodés, et enfin, la dentelle est créée en-dehors de tout support.

Introduite en France par François 1er, elle devient vite un élément de décoration du vêtement, mais uniquement chez les hommes au début, en particulier les dignitaires de l'Eglise. Tandis que la France végète dans cette technique, les Pays-Bas, Bruxelles et Venise s'imposent dans toutes les cours royales grâce à la finesse de leurs réalisations.

La dentelle, objet de luxe et de raffinement, séduit autant les hommes que les femmes dès le XVIIe siècle et fleurit partout au cours des XVIIe et XVIIIe siècle : sous-vêtements, costumes religieux et militaires, cols, manchettes, fraises, tabliers, chaussures, coiffes, mantilles, voiles de mariée, linge de maison (nappes, napperons, draps), et même les carrosses, c'est de la folie et tout y passe ! à tel point qu'il faudra en règlementer son usage... C'est Colbert qui développera l'industrie de la dentelle en France, en faisant venir trente dentellières de Venise, en établissant des manufactures royales dans plusieurs villes de France et la Manufacture générale à Alençon en 1665, et surtout en interdisant l'importation des dentelles de Venise ou des Flandres !

Elizabeth1England1585 Elisabeth 1ere d'Angleterre, 1585

al_3 alcdeb19 Point d'Alençon (à gauche) - Châle début XIXe (à droite) avec les abeilles impériales

On distingue quatre principaux types de dentelle : le point d'Alençon (de France ou de Venise) exécuté aux aiguilles, le point d'Angleterre qui allie aiguilles et fuseaux, les dentelles de Malines et les Valenciennes, toutes deux au fuseau. L'industrie de la dentelle à la main a commencé à décliner au cours du XIXe siècle, remplacée depuis par la dentelle mécanique qui a bénéficié de l'utilisation de métier à bras et du système Jacquard (merci le tricot !) . Aujourd'hui, la dentelle est réservée à la lingerie et au linge de maison, et la dentelle manufacturée, si elle connaît un regain d'intérêt, ne profite qu'à la haute couture pour des raisons financières évidentes.

Si vous souhaitez voir de la dentelle représentée dans l'art de la peinture, c'est par ici.

La dentelle au tricot

Loin d'être aussi fine que la dentelle à l'aiguille ou au fuseau, la dentelle au tricot se définit par un assemblage organisé de trous, disposés de façon à obtenir un dessin. Pour ce que j'avais trouvé dans mes livres, les premiers "trous-trous" qu'on puisse dater formellement dans l'histoire apparaissent en haut des bas de soie pourpre retrouvés dans la tombe d'Eléonore de Tolède, femme de Côme 1er de Medicis, grand duc de Toscane, décédée en 1562.

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Ce n'est pas vraiment de la dentelle, mais un point ajouré (les trous ne couvrent qu'une partie du tricot et sont souvent réunis en petits groupes). Ce qu'on appelle dentelle est plus élaboré et plus étendu sur la surface du tricot, et pour les puristes, la "vraie" dentelle consiste à faire des trous sur l'endroit ET sur l'envers du tricot.

Chez les anglophones, dentelle se dit lace : point de dents ici, même petites ! Ce mot apparaît au XIIIe siècle dans sa forme primitive laz et dans le sens de cordon/cordelière en fils de soie tressés ou tissés ensemble. Laz vient du français "laz" qui signifie piège, filet, noeud coulant, corde et qui a évolué en "lacs" (ne pas prononcer le "c") : liens de corde, noeud coulant, rêts, filet, piège avec l'expression "tomber dans le lacs" (donc rien à voir avec une pièce d'eau), mais aussi cordon/ruban pour nouer un parchemin par exemple ou appendre un sceau.

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Lace a donc un relent de chasse et de piège au XIIIe siècle... A cette époque, to lace signifie attacher les ouvertures d'un vêtement à l'aide de cordelières et de noeuds, puis  au XIVe siècle, ajuster un vêtement en tirant sur des cordelières qui passent dans des oeillets. Ce sens est bien conservé en français dans les verbes lacer  (un corset) et lacets (de chaussures). Lace prend le sens de motif ornemental en filet/réseau dans la langue anglaise à partir de 1550 seulement.

infaLa dentelle au tricot a concerné la bonneterie (bas) au début : la finesse du travail de la soie des espagnols avaient une telle réputation dans les cours royales qu'ils ont très vite dominé le marché dès le XIVe siècle. Mais les français reprennent l'avantage sous Louis XV (XVIIe siècle) !

Le travail de la dentelle se développe dans les pays d'Europe et atteindra son apogée au XVIIIe siècle et surtout au XIXe sous Victoria : napperons, couvertures, bonnets (ci-contre, bonnet pour enfant, début XIXe, avec emperlement), vêtements d'enfant (cf la robe ci-dessus qui date de 1851 et le détail de son motif), fichus, capuches, cols, gants, bourses, bas bien sûr mais surtout les châles qui vont devenir très recherchés. On tricote de la laine (mouton) ou du poil de chèvre, de la soie, du coton, du lin.

Le tricot a toujours été une activité commerciale au cours de l'histoire : organisation en guildes et corporations dès le Moyen-Age ou travail à domicile (villes ou zones rurales), mais la dentelle demandant un travail délicat séduit particulièrement les aristocrates qui se mettent à l'ouvrage (notre Marie-antoinette tricotait).

Il existe principalement six régions réputées pour leurs châles en point dentelle :

  • l'Islande, les îles Féroé et surtout les îles Shetland qui tricotent de la laine : leurs espèces de moutons, descendant de ceux apportés par les invasions vikings, sont très voisines ;
  • l'Estonie qui tricote également de la laine ;
  • l'Ukraine et la Russie qui travaillent le poil de chèvre (dans ces pays, la chèvre s'acclimate mieux que le mouton qui ne trouve pas assez pour se nourrir).

Les châles d'Unst (îles Shetland)

sht5Ils sont connus depuis 1830, deviendront très populaires sous l'ère victorienne et seront commercialisés à grande échelle à partir de 1851, suite à la première Exposition universelle qui eut lieu à Londres à cette date. Ils sont très fins, de couleur naturelle, la plupart du temps rectangulaires ou carrés, travaillés en général en point mousse et souvent des deux côtés pour être davantage aériens. Les motifs sont inspirés de l'environnement, en particulier de l'océan. Les plus réputés ont été les Wedding ring shawls, grandes pièces carrées de 180 cm de côté pouvant passer dans un anneau de mariage. Aujourd'hui encore, ces châles sont recherchés comme accessoires de mode, voiles de mariée ou couvertures de bébé pour le baptême notamment.

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Les châles d'Haapsalu (Estonie)

hap3Surnommée la Venise de la Baltique, Haapsalu est une station thermale sur la côte ouest de l'Estonie. Du temps des tsars, c'était une ville touristique et un lieu de villégiature pour l'aristocratie russe de Saint-Pétersbourg. La présence de cette classe sociale fortunée et la mode des châles ont développé une économie autour de la dentelle en tricot. Les châles sont en général carrés et de couleur naturelle, tricotés en jersey et travaillés uniquement sur l'endroit. Les motifs s'inspirent également de l'environnement, mais sont surtout floraux -l'un des plus connus est celui du muguet (ci-dessous à gauche). Les noppes (petites boules) sont caractéristiques de cette région ainsi que le travail de mailles tricotées ensemble pour en générer plusieurs (ci-contre). Depuis l'indépendance (1991), l'Estonie essaie de relancer ce patrimoine ; certains tricoteurs y participent aussi grâce à la publication de livres (Nancy Bush et Sirri Reimann et al.) ou de patrons.

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Les châles d'Orenbourg (Russie)

Ils sont nés il y a au moins 200 ans et utilisent le sous-poil d'une chèvre indigène. Le poil de cette chèvre est le plus fin du monde, avec celui de la chèvre cachemire : son diamètre moyen est de 15 microns, tandis que celui de la chèvre cachemire est de 15,5 microns en moyenne et celui du chevreau angora (kid mohair), est de 25/30 microns. Les tricots obtenus sont très fins, voire arachnéens (les fameux gossamers ou webs), et surtout, sont chauds.

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or9Les châles sont en jersey, avec la dentelle travaillée sur l'endroit uniquement, et sont en général carrés et grands pour bien se protéger du blizzard. Ils sont de couleur naturelle beige ou gris pour les plus rustiques, ou blancs pour les plus fins (les gossamers qui sont aussi des Wedding ring shawls). Les plus élégants associent la soie au sous-poil de la chèvre pour les rendre plus solides ; au XXe siècle, on mélange le poil de la chèvre Orenbourg à celui de la chèvre de Volvograd pour avoir une blancheur plus prononcée.

Ces châles ont été présentés pour la première fois à l'Exposition universelle de Paris en 1855 en suscitant un réel engouement de la part des françaises, puis ont obtenu des prix dans différentes expositions universelles. Ils deviennent très recherchés et les compagnies européennes s'y intéressent de près pour l'export, mais ils sont trop chers à la revente. Qu'importe ! On essaie alors d'introduire ces chèvres en Europe, mais le climat plus doux transforme leur sous-poil qui devient plus gros ! Alors on importe les fibres.

La guerre russo-japonaise de 1902 va limiter l'exportation de ces châles, mais l'Union soviétique permettra l'émergence de coopératives qu'elle finance pour developper cette économie. La chute du mur de Berlin entraîne quelques années plus tard la disparition de ce système faute de moyens. Les châles d'Orenbourg auraient pu définitivement disparaître sans la détermination d'une styliste de Saint-Pétersbourg qui veut redynamiser cet art : Galina Khmeleva que certaines connaissent peut-être comme auteur en particulier du fameux livre Gossamer Webs-The history and techniques of Orenburg lace shawls.

or0 Photo RIA Novosti/Ekaterina Chesnokova

Mes trous à moi

Après une longue période de point mousse et de rayures/rangs raccourcis, j'ai décidé de trouer mes tricots. Exprès.

Je me suis d'abord entraînée :

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Une fois terminé, ça a donné ça :

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Un Vitamin D de Heidi Kirrmaeir, modèle payant. Ne le cherchez pas en français, l'auteur refuse qu'on lui traduise ses modèles (j'ai demandé...). Réalisé en Lima de Bergère de France, aiguilles 3,5. Notes et autres images sur ma page Ravelry.

Et comme on manque de soleil, mais surtout parce que le modèle était un peu trop juste, j'en ai fait un deuxième ! Ca m'a permis de vérifier que les trous, je maîtrisais toujours !

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Remarques sur le modèle : très bien écrit, pas de faute, mais trop ajusté. Les emmanchures ne sont pas assez profondes, et les pans pas assez larges ni assez longs dès que vous avez un peu de poitrine. Pour la deuxième réalisation, j'ai descendu davantage le tricot avant de séparer les manches du corps et ai élargi les pans du devant en modifiant les pentes des raglans uniquement sur le devant, puis j'ai rallongé le corps.

Ensuite, je me suis attaquée à Blütenpracht (Splendeur florale en français, car il est traduit) avec de la Jamieson's Ultra, 50 % laine shetland/50 % laine d'agneau, lace 2ply, 195 m/25 g, coloris Clematis. Le châle fini pèse 90 g. J'ai fait un peu plus de motifs car le fil est fin par rapport à celui du modèle, et j'ai supprimé un des deux motifs intermédiaires. Détails sur Ravelry.

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Et enfin, pour terminer, un énième Cœurs en chœurs, en Creative Focus Worsted de Nashua, 75 % laine/25 % alpaga, 200 m/100 g, tricoté en 5,5 avec comme d'habitude modification du patron original (suppression de la grande bande centrale, et changement de la bordure). Bientôt terminé.

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Les trous des autres

Et voici pour terminer quelques modèles que j'ai traduits. Cliquez sur la photo pour accéder à la page Ravelry du modèle et au patron. Le seul gratuit est Lace Wingspan.

Lace Wingspan (Helena Forde)

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Afterglow de Diana Rozenshteyn (à gauche) - Lotta's Lilacs du même auteur (à droite)

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Ceux d'Andrea Baron, designer allemande

Fritillaria, Erntedank (Fête des vendanges), Maiduft (Senteurs de mai ):

1Fritillaria 2vendag 3mai

Blütenpracht (Splendeur florale), Sternenglanz (Lumières d'étoiles), Frühlingszauber (Magie du printemps ):

4Blacht 5lumi_res 6magie_print

Wintersonne (Soleil d'hiver), Betula*, Tiarella :

7soleil_hiv 8betu 9Tiarella
* Je n'ai pas traduit Betula, juste relu pour correction

A vos aiguilles !

A bientôt, vale,

Christine

 

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jeudi 25 avril 2013

C'est la fête au bretzel !

il_fullxfull_165975849Aussi incroyable que cela paraisse, le bretzel bénéficie d'un jour de fête national : le 26 avril. 

Mais pas chez nous, aux Etats-Unis.

Et avant d'y faire un tour, je vous propose de mieux connaître ce produit de boulangerie.

Un bretzel, c'est quoi ?laugenbrezel

Il est vraisemblable qu'il ait vu le jour dans les boulangeries des monastères au Moyen-Age. Une tradition rapporte qu'il a été créé vers 610, dans le sud de la France ou le nord de l'Italie, et que sa forme rappelle celle des bras croisés sur la poitrine, attitude qu'on adoptait à l'époque pour prier. D'autres rapportent qu'il est déjà référencé dans un manuscrit enluminé datant du Ve siècle, le Vergilius romanus conservé au Vatican, mais comme tout ce qui est là-bas est loin d'être accessible, difficile d'en être sûr !

Associé très rapidement au Carême, période pendant laquelle on ne devait manger ni oeufs, ni produits laitiers, ni viande (lard), ce pain rappelait par sa forme que ces 40 jours précédant Pâques devaient être consacrés à la prière et à la pénitence. Son nom viendrait du latin brachiola (petits bras). On voit aussi dans ses 3 trous le symbole de la Trinité.

Ce petit pain a participé à la vie sociale et religieuse au cours du temps ; en particulier, il aurait été donné comme récompense aux bons élèves (Moyen-Age), et dans les années 1600, il symbolisait les noeuds du mariage.

Aujourd'hui, on distingue les bretzels mous (les pains à pâte levée, pochés dans une solution de bicarbonate de soude avant d'être cuits au four) que l'on doit en principe consommer le jour-même, et les bretzels durs (nos biscuits apéritifs), apparus beaucoup plus tard, au XIXe siècle.

Le bretzel illustré (n'oubliez pas de cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

Quelle que soit la date exacte de sa naissance, le bretzel commence à être représenté graphiquement surtout à partir du XIIe siècle, et ces illustrations témoignent de son voyage dans le monde.

Le banquet de la reine Esther et du roi perse Assuerus (Xerxès), Hortus deliciarum, 1190 (à gauche) - Le festin de mariage de Matilda, fille du roi Henri 1er d'Angleterre et de Henry V, futur empereur du Saint Emprire germanique, Chronica maiora, ~1250 (à droite)
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Le Hortus deliciarum est un manuscrit enluminé créé à l'abbaye du mont Sainte-Odile (Alsace) et le Chronica maiora est un manuscrit enluminé anglais conservé à Cambridge et à Londres.

Jésus mangeait-il des bretzels ? sans doute non, mais certaines représentations de la Cène les mettent à table :

Parchemin suisse, 1030-1040 (à gauche) - Lectionnaire enluminé, Autriche, 1225-1274 (milieu) - Gravure sur métal, Bavière, 1460 (à droite)

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Il y en a un qui a copié ?

Livre d'heures de Catherine de Clèves (considéré comme le plus beau manuscrit enluminé des Pays-Bas), St Barthélémy, Pays-Bas, ~1440

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Bretzels et crackers pour un saint écorché vif, le rapport est lointain !

Boulangers par Job A. Berckheyde, Pays-Bas, 1681

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Ce peintre a réalisé d'autres toiles sur ce thème très prisé à l'époque. A noter les présentoirs très actuels des bretzels et la corne qui sert à appeler le client quand le pain est cuit.

Vendeur de bretzels à Vienne, aquarelle, Autriche, 1846 (à gauche) - Femmes suédoises vendant des bretzels, 1881 (à droite)

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Le bretzel et la boulangerie

Le bretzel franchit très vite les frontières des Alpes, et il s'implante surtout en Allemagne, en Autriche, en Suisse alémanique et en Alsace pour la France. Il sera très vite utilisé comme emblème des boulangers dès le Moyen-Age, et aujourd'hui encore, il sert d'enseigne :

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En Allemagne le bretzel figure dans l'emblème de la guilde des boulangers depuis le XIVe siècle (à gauche et au milieu). La corporation est si puissante qu'elle parraine une fenêtre de la cathédrale gothique de Dinkelsbuhl du XVe siècle (à droite) :

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En Autriche, où la corporation des boulangers utilise le même symbole, le bretzel s'illustre dans un vitrail de 1510 avec le blason de la corporation (à gauche) et dans leur sceau datant de la fin du XVIe siècle (à droite) :

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En République Tchèque, dans le centre de Prague, on trouve 2 enseignes de boulanger datant de 1656 (à gauche) et de 1678 (à droite), dont le dessin ressemble fort à celui du sceau précédent :

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En Alsace, LA bretzel est également l'emblème de la corporation des boulangers et sert d'enseigne à la profession comme à Pfaffenhoffen (1306 ?), Riquewihr (1674), ou Oberbronn (1740) -de gauche à droite) :

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Associée à l'ours (qui mange du miel, ingrédient du pain d'épices), LA bretzel devient l'emblème de la corporation des pains d'épiciers. Beaux exemples à Guertwiller (maison Lip) et Strasbourg.

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L'Alsace va même plus loin en faisant du marketing territorial avec sa marque partagée Alsace pour promouvoir la région; lancée il y a un an, la marque a pris LA bretzel comme symbole de l'Alsace. NB : Bretzel est un nom masculin ou féminin ; généralement utilisé au masculin, en Alsace, il est féminin.

On trouve aussi des bretzels en bas-relief dans l'Angleterre médiévale, et sur une des faces d'une des pièces de 1 lats en Lettonie, pièces dont la diversité voulue par la Banque de Lettonie se doit d'illustrer le patrimoine du pays.

Le bretzel aux Etats-Unis

PretApporté par les allemands et suisses allemands, peut-être dès les premières immigrations, on sait qu'il est très répandu au XIXe siècle en Pennsylvanie, état dans lequel se sont installés majoritairement ces colons (33 % de la population en 1760). C'est d'ailleurs dans cet état que le bretzel dur est inventé en 1850.

Au XXe siècle, les bretzels sont répandus dans tout le pays.

Aujourd'hui, la Pennsylvanie produit 80 % des bretzels aux USA ; l'importance économique que représente ce produit de boulangerie dans cet état a conduit un de leurs gouverneurs à instaurer en 2003 un National Pretzel Day, le 26 avril. En fait, une journée commémorative du bretzel avait déjà été instaurée en 1983. Et c'est un jour férié là-bas !

A quand le jour férié du croissant ou de la baguette chez nous ?

En plus de sa journée en Pennsylvanie, le bretzel est encore fêté pendant 2 mois aux Etats-Unis : le mois d'avril est le mois du soft pretzel (bretzel mou), et celui d'octobre est consacré au bretzel en général.

logoA very special Pretzel

Aujourd'hui, à l'occasion de la fête au bretzel, j'avais envie de parler d'un petit chat américain qui émeut la communauté internationale depuis décembre dernier : Miss Pretzel, car c'est une demoiselle. Elle a sa page Facebook et presque 18 000 fans aujourdhui.

Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce chat, mais comme j'avais l'impression de voir Oscar, j'ai suivi ses aventures depuis le début.

Tout commence mi-décembre, quand Carmen B. trouve ce chaton d'environ 5 semaines sur une route en Floride : perturbé, agressif, les pattes arrières "tordues", elle pense qu'il a été percuté par une voiture.

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Une visite chez le vétérinaire laisse tomber le verdict : il n'y a pas eu d'accident, ce chat "est né comme ça". Malformation congénitale du train arrière, sa patte droite en particulier se retourne vers l'arrière et sur le dos : la rotule est sur l'arrière de la patte, les muscles et les tendons ne sont donc pas en bonne place et tirent de telle sorte que les os vrillent. D'où le nom de Pretzel (bretzel). Les articulations ne sont pas bien conformées et les os ne sont pas alignés correctement. Les conséquences sont bien sûr une altération de la mobilité et de la douleur.

Ceci se devine sur la troisième photo la plus à droite ci-dessus et sur les 2 vidéos suivantes :

quelques jours après son sauvetage,

 et une dizaine de jours après son sauvetage :

Pire : un examen ophtalmologique approfondi révèle l'absence de connexion neurologique entre l'oeil et le cerveau. Ce petit chat est aveugle et le sera définitivement.

Carmen décide de la garder et de se battre.

Depuis le début, elle poste un message tous les jours, des photos, des vidéos : c'est Pretzel qui parle, elle a beaucoup d'humour, et nous vivons son quotidien de petit chat espiègle malgré ses handicaps, sa grande amitié avec un des chiens de la maison, Cici, ses bêtises (griffes sur le mur, escalades diverses, squat de la cage aux cobayes).

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Pretzel a du caractère, un regard qui ne semble pas aveugle du tout car elle regarde bien droit dans les yeux, et bien des malheurs dès le début de sa petite vie ; elle passe à la télé, reçoit des tas de lettres et de cadeaux, bref, elle séduit de plus en plus.

Mais Pretzel est handicapée et ne peut rester ainsi d'autant plus qu'elle va grandir : après plusieurs examens à l'Université de Floride, deux choix sont proposés :

- soit on ampute tout de suite la patte arrière droite,
- soit on part sur 3 chirurgies réparatrices à 1 mois d'intervalle : genou droit, hanche droite puis genou gauche.

Après réflexion, Carmen opte pour la seconde proposition. On commence d'abord par mettre une attelle pendant quelques semaines pour tirer au maximum sur les articulations et les muscles, puis le temps de la première opération vient. La rotule est rebasculée vers l'avant de la patte, les os sont fixés par des plaques.

Courageuse petite bête, elle joue malgré son bandage, elle grimpe partout, elle a du punch ce qui est de bon augure pour la suite.

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Tout se passe bien, Pretzel récupère très vite et une fois le bandage enlevé, utilise sa patte. Comme elle peut car il faut re-axer l'articulation au niveau de la hanche.

Entre-temps, le dons affluent, et la communauté grandit. Certains internautes envoient leurs créations, en particulier ce bretzel entrelacé avec un coeur :

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La deuxième opération est réalisée fin mars. Les plaques sont enlevées, l'articulation de la hanche redressée. Pretzel récupère très vite, comme à son habitude, puis certains signes alarment Carmen une semaine après. Le verdict tombe : il y a un problème de circulation sanguine, la patte n'est plus irriguée, et Pretzel est finalement amputée le 11 avril.

Carmen et les vétérinaires auront fait le maximum et les fans auront soutenu au maximum. Beaucoup de déception, mais Pretzel n'est pas abattue. Elle reprend sa vie d'avant et devient maintenant une jolie jeune fille :

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Je pense que le programme chrirurgical poursuivra son cours avec l'opération du genou gauche, ce qui devient maintenant nécessaire car il n'y a plus qu'une patte arrière pour supporter tout le poids du corps.

Ce chat est très attachant, ainsi que sa famille adoptive.

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  • Si vous voulez "devenir fan", c'est ici, chez The Little Kitty that Could.
  • Si vous voulez faire un don, c'est ici : donate ou directement via Paypal à cette adresse : sweetdriedroses123yahoo.com (remplacer 123 par @ dans l'adresse)
  • Et mangez des bretzels !

Petit coeurs

Pour rester dans les bretzels et les coeurs, voici quelques bonnets bébé réalisés d'après le Heart Hat d'Elizabeth Zimmermann. Juste les photos, mes notes concernant le modèle sont sur Ravelry.

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sans_titreEn espérant que le bretzel n'aura plus de secret pour vous, je vous promets de parler plus de tricot la prochaine fois !

Bonne fête du bretzel et faites de beaux rêves !

A bientôt, vale,

 

 Christine

 

 

 

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dimanche 31 mars 2013

Histoires de pois : Pop Spots shawl le second

poi"... ma santé ne peut plus tenir à l'hiver barbare qui m'accable au mois d'avril, et aux neiges qui nous environnent, lorsque ailleurs on mange des petits pois." (Voltaire, 19 avril 1767)

Eh bien lui aussi, dans son château de Ferney (Ain), il avait un printemps pourri apparemment ! Et lui aussi, en ce jour de Pâques du 19 avril 1767, il avait froid !

Et lui aussi rêvait de pois, mais pas des mêmes que nous car il ne tricotait pas.

Le pois (Pisum sativum) est à la fois la plante botanique cultivée pour l'alimentation humaine et animale et la graine ronde contenue dans la gousse.roi Cultivé depuis 8 000 ans, on l'identifie sur des sites archéologiques, on le cite dans les textes de l'Antiquité. Au Moyen Age, le pois qui se conserve bien à l'état sec est l'une des principales ressources alimentaires du pauvre qui le cuisine avec du lard (déjà !). Le pois n'est pas un légume, mais une légumineuse.

Mais c'est sous Louis XIV que débute la folie du petit pois : le petit pois "frais" arrive à la Cour. Précoce ("légume" de printemps), saisonnier et cher, il est de bon ton d'en raffoler. "Le chapitre des pois dure toujours : l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé, et la joie d'en manger encore, sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours. Il y a des dames qui après avoir soupé avec le roi, et bien soupé, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, au risque d'une indigestion : c'est une mode, une fureur, et l'une suit l'autre." (Madame de Sévigné; 1696).

Mais le pauvre Louis XIV ayant un bout de palais en moins suite à l'arrachage d'une dent les recrache de temps en temps par le nez... Ah ! il devient nettement moins séducteur notre Roi-Soleil ?

green_giantAu XIXème siècle, la vogue des petits pois stimule le développement de nouvelles variétés. Puis tout va plus vite.

Fin du XIXe siècle : les bocaux et les boîtes de conserves apparaissent grâce à la découverte de l'appertisation. Mendel pose les bases théoriques de la génétique grâce au petit pois.

1920 : première production de petits pois surgelés.

1926 : la marque "Géant Vert" est créée aux Etats-Unis pour la commercialisation de petits pois "géants" (moi qui croyais que cette marque était liée au maïs...). D'ailleurs, la mascotte initiale porte une gousse de petits pois avant d'être transformée dans ce géant vert que nous connaissons aujourd'hui.

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1962 : chez nous, en France, une campagne TV est lancée pour la promotion des légumes en conserve, notamment au petit pois qui représente 48 % de ce marché. Pipiou, ça vous rappelle des souvenirs ?  Désolée, je n'ai pas pu résister à ces petites pubs désuètes qui sont si raffraîchissantes dans notre monde devenu dingue. Cliquez sur le piou-piou pour les voir et les entendre (campagnes de 1964-1967).

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fle3Le pois en botanique

Tout  commence par la fleur : dite papilionacée parce que, ouverte, elle évoque un papillon, elle est belle et gracieuse au point que certaines espèces (les pois de senteur) seront à usage décoratif.

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Elles sont tellement jolies ces fleurs, qu'on qualifie de fleur de pois une personne qui se fait remarquer par son élégance ou sa position sociale dans le "grand monde".

splitpLe pois chiche (Cicer arietinum) a donné son nom à la famille Cicéron car un des ancêtres avait une grosse verrue en forme de pois chiche sur le visage. Originaire de la région méditerranéenne, on le mange en salade ou dans le couscous, on le reduit en purée dans l'houmous et les falafels, et on l'utilise dans la socca à Nice (et qu'est-ce que c'est bon mangé dans la rue !).

Le pois mange-tout, ou pois gourmand ou encore pois goulu : une variété dont on mange la cosse, les pois n'étant pas encore à maturité.

 

Le pois cassé : c'est la graine qu'on a fait sécher et qu'on a décortiquée, et qui se divise en deux. On l'utilise pour faire les purées (de pois bien évidemment).

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Le pois de coeur, ou encore coeur des Indes, ou corinde : plante exotique dont les graines sont noires avec une tache blanche en forme de coeur. Plutôt utilisé en médecine traditionnelle.

Je vous épargnerai la princesse au petit pois (conte d'Andersen)  dont l'histoire ne dit pas si elle a un petit pois dans la tête pour abandonner le monde végétal au profit du monde du textile et de l'habillage.

Le pois dans la mode

Le pois se sème partout :

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même sur la route :

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pas top, les spots !

Le pois dans le tricot (enfin, on y arrive...)

Il décore nos accessoires : aiguilles, marqueurs, bol à pelote de laine,

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pique-aiguilles.
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On le tricote de façon traditionnelle en jacquard,
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clic sur la pochette pour avoir le patron (in English...)

de façon moins traditionnelle, en rond qui "pop" (voir post précédent) comme la Pop Blanket de TinCanKnits.
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Vous vous intéressez au Pop knitting ? Voici un livre bien inspirant, que vous pouvez feuilleter sur Amazon (clic sur l'image). Je l'ai acheté, il contient des idées de construction très intéressantes et plus mettables que ce qui est en couverture !

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Mais vous pouvez aussi commencer par popper des pois en tricotant le Pop Spots shawl de Juju Vail.

P3030003Pop Spots shawl IIe, mon Popamoi

Fond en Shetland suprême de Jamieson & Smith, pois en Zauberball de Schoppel-Wolle et bordure en Alpaca de Drops. Détails sur Ravelry.

Le point n'est pas difficile - mais je le fais autrement, et le plus long est la bordure à rattacher. J'ai fait 15 rayures de pois (entre la taille Small et Large) en augmentant sur la dernière rayure en couleur de fond.

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En cours de blocage :

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Dans le jardin :

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J'adore ce modèle, et j'en ai un autre en prévision (Fine Kid de Anny Blatt, Kid Silk de Drops, Crazy Zauberball de Schoppel-Wolle et Alpaga d'Isager :
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Je sais que beaucoup attendent la version française du modèle, et j'ai une bonne nouvelle : 

les cloches de Pâques l'ont déposée sur Ravelry cet après-midi ! 

Yes !

A bientôt, vale,

Christine

 

Posté par Christine 73 à 18:49 - Commentaires [11] - Permalien [#]

jeudi 14 mars 2013

Pops & peps ou la naissance d'un Pop Spots shawl

Je sentais bien que le printemps approchait (NB : j'ai commencé ce post il y a une semaine...). Des chants d'oiseau différents, une température plus clémente, des jours qui rallongent et surtout, surtout, des petites choses qui surgissent dans la nature : des bourgeons. Et pop !

bourg1

Ca donne du peps.

Tiens, vous savez d'où ça vient peps ? de l'anglais pep, qui dérive lui-même de pepper (poivre) mais dans son sens d'énergie qui apparaît dès 1847.

Alors comme j'ai de l'énergie, je vais "popper" comme les bourgeons.

Pop

popchampEncore un mot anglais, qui existe lui, depuis 1400, ce qui ne nous rajeunit pas. Pop est d'abord un nom qui désigne un coup associé à un son d'explosion, puis il apparaît en verbe vers 1450 pour signifier "éclater, exploser, apparaître soudainement". Et pop !

Pop : une boisson

En 1812, apparaît une boisson gazeuse entre l'eau pétillante et la bière qui fait sauter les bouchons : on l'appelle pop car en anglais, on dit pop the cork pour "faites sauter le bouchon". Au passage, un bouchon de champagne qui saute décolle à la vitesse de près de 50 km/h soit 15 mètres par seconde, et un bouchon dans l'oeil, ça fait des dégâts, on ne s'amuse pas avec ça. Les services d'ophtalmologie ont d'ailleurs beaucoup de travail dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Ne secouez pas vos bouteilles et ouvrez-les toujours en maintenant le bouchon avec la main et en le dirigeant là où il n'y a personne !

Chez nous, on a du champagne et des boissons gazeuses, mais chez les américains, la diversité règne selon les régions et il devient presque difficile de commander une boisson si on ne respecte pas le langage du coin... Si vous voulez un soft drink, boisson gazeuse en général, parfumée et sucrée, mais surtout l'obtenir, utilisez le bon mot : au nord, Canada inclus, il faudra commander un pop, tandis qu'au sud/sud-est ce sera un coke et par-ci par-là (extrême est, extrême ouest et un peu au centre), un soda.

soda_vs_pop_2

Le mot soda vient de sodium, car on utilisait des sels de sodium au tout début de la création des boissons gazeuses comme additif. Mais soda, ça veut aussi dire soude en anglais, alors attention avant de boire ! Et pop !

Pop-corn

maisSi le pop-corn est connu depuis bien avant JC, le mot date de 1819 et signifie maïs éclaté. Mais une seule variété de maïs permet cette transformation. Le grain de maïs, c'est de l'eau et de l'amidon. Quand le grain est chauffé, l'eau se transforme en vapeur et va au centre du grain. L'amidon est repoussé en périphérie et commence à cuire. La vapeur prend plus de place que l'eau dont elle provient, donc la pression interne augmente. Et pop ! 

Mais le pop-corn qui semble si anodin est un ennemi voire un tueur méconnu. Déjà, pas de pop-corn aux enfants de moins de 4 ans car il y a un risque d'inhalation avec obstruction mécanique des voies respiratoires. Ensuite, on s'est aperçu dans les années 2000 que les ouvriers d'une usine fabriquant du pop-corn micro-ondable présentaient une maladie obstructive pulmonaire, le "poumon popcorn", gravissime. Cette maladie est très fortement liée à la respiration de vapeurs d'un arôme alimentaire articiel à goût de beurre contenant du diacétyle, que l'on soupçonne aussi aujourd'hui d'augmenter le risque de développer la maladie d'Alzheimer. L'an passé, en septembre, un américain a réussi à gagner 7,2 millions de dollars à titre de dommages en attaquantbat des fabricants de pop-corn micro-ondable : il a développé un "poumon pop-corn" et a soutenu que c'était dû au fait qu'il en avait mangé, donc fait, tous les jours pendant des années ! Les juges ont suivi ! D'autres procès sont en attente.

Pop-pop : petit bateau (jouet) avec un moteur à vapeur qui reproduit le bruit d'un moteur marin.

Ces petits bateaux sont nés dans les années 20 et ont été très populaires entre les deux guerres.

Ils sont revenus sur scène en 1996 date à laquelle a lieu le premier championnat du monde des bateaux à moteur pop-pop à Loguivy-de-la-Mer, dans les Côtes d'Armor. Vous voulez y aller en 2013 ? Ce sera le samedi 30 mars, informations ici. Et pop !

popdvorakPops divers

les pop-up livrés par tonnes sur Internet ;
les Polluants Organiques Persistants (dioxines par exemple) ;
le Post Office Protocol (famille POP3, SMTP, TCP/IP) ;
un pope (à ne pas confondre avec pape, sujet d'actualité) ;
pop-music et pop-art qui explosent peut-être mais dont le pop n'est que l'abréviation de populaire ;
lollipop (anglais, 1784), qui est un pop sur la langue (lolli) c'est-à-dire une sucette ;
pop, film d'animation sorti le 6 mars dernier.

Et pop !

Et Pop Spots

P3030008Spot (toujours un mot anglais) apparaît vers 1200 et prend vers 1300 le sens d'endroit particulier, lieu, tache, point, pois, bouton en médecine (et nous voilà repartis dans les bourgeonnements !).

En tricot, ce sont ces délicieuses petites bulles bombées qui parsèment le châle Pop Spots de Juju Vail.

Modèle que j'ai traduit il y a bien deux semaines, et qui ne devrait pas tarder à apparaître sur Ravelry en français. Et dont je viens de faire une première version, Pops & Peps.

Couleur de fond : fil très fin, inconnu, utilisé en double, laine, mohair ou alpaga ? C'est un peu poilu, Et ça sent le cochon grillé à la flamme.
Couleur des bulles : Creative Reflection de Rico Design. Un peu moins d'une pelote (240 m/50 g).

J'ai fait la taille Small, mais ai rajouté une rayure de bulles, puis 2 rangs de couleur de fond en faisant 16 augmentations en tout (4 sur les bords et 12 au cours du premier rang) ; je suis arrivée à 397 mailles et ai suivi les explications de la bordure pour la taille Large. Mais je pense avoir un peu trop augmenté...

Quelques photos de mon Pop Spots shawl d'abord avant de parler technique.

En cours de blocage
Pop1

Déployé : envergure de 110 cm, hauteur de 43 cm (77 cm en comptant le creux de l'encolure)
Pop3

pop2

Drapé ou pendu
Pop6 Pop4 P3030020

Bordure en dentelle
bord_dentelle

Bulles (pop spots)
pop_beige_bleu  Pop_caramel Pop_marron_bleu

Technique

Il est tricoté de haut en bas et la bordure en dentelle est une bordure rapportée, que l'on accroche au fur et à mesure aux mailles du châle qui sont en attente.

Ce sont des rayures, l'une en jersey avec la couleur de fond et l'autre en mousse avec la couleur contrastante. Alors ces spots qui poppent ? Comment les fait-on ? Juju Vail donne un tutoriel ici et explique qu'il faut, au premier rang de couleur de fond, lâcher une maille et la détricoter sur 6 rangs, ce qui créé une échelle, pour libérer la maille du dernier rang de la rayure précédente en couleur de fond : vous remettez la maille sur l'aiguille et vous la tricotez comme c'est indiqué.

J'ai également traduit le tuto, je ne sais pas encore si elle l'intègrera dans la traduction du châle. Mais je n'ai pas fait comme ça !

Plutôt que de passer du temps à tirer sur une maille lâchée pour qu'elle veuille bien se détricoter et récupérer une maille 6 rangs plus bas, j'ai directement piqué 6 rangs en-dessous de la maille : l'échelle se fait toute seule au fur et à mesure du tricot et ça va beaucoup plus vite.

Mes dessins ne sont pas très beaux, mais j'espère assez explicatifs. Les petits V en rose sont les mailles jersey du fond, les ovales gris sont les mailles de point mousse (un ovale = 2 rangs). Les grands V en rose sont les fameuses mailles relevées "dlk" dans le patron original en anglais, et que moi j'appelle maille hexuple en référence à la maille double des côtes anglaises où l'on pique SOUS la maille suivante (dans le rang précédent) et non DANS la maille suivante. Les 6 petits arcs gris superposés représentent les mailles lâchées sur 6 rangs.

tuto1b

Donc au remier rang avec la couleur du fond, pour faire la maille hexuple, on pique DANS la maille du dernier rang de la rayure précédente en couleur du fond, mais sous la maille suivante (flèche noire) et pas sous celle qu'on vient juste de tricoter. Une fois qu'on a relevé la boucle et terminé de tricoter la maille comme indiqué dans le patron, on peut lâcher la maille en couleur contrastante (l'ovale gris sur le dessin) et continuer en jersey. Au fur et à mesure de la manipulation du tricot, la maille lâchée va se défaire mais n'ira pas plus loin dans les rangs en couleur de fond puisque la maille a été relevée à cet endroit.

Regardez-bien votre tricot : il faut bien viser et piquer dans le V. Le tour de main (ou de poignet) se prend très vite.

Erreurs à ne pas faire :

  • oublier de lâcher la maille en couleur contrastante et la tricoter, car vous aurez fait une augmentation :

tuto3b

  • piquer non pas dans le V mais une demi-maille juste avant ; d'où l'importance de bien regarder où on pique. On s'en rendra très vite compte, car la bulle qui précède est moins large et la suivante plus large avec une maille lâchée bien évidente. Si vous maîtrisez bien, vous pouvez le rattraper avec un crochet en lâchant la maille relevée qui n'est pas à sa place et en remontant les mailles au fur et à mesure, sinon, il faut défaire...

tuto2b

  • piquer sous la maille qu'on vient juste de tricoter - cela peut arriver car le tricot se met en biais. La bulle sera moins large et vous aurez augmenté d'une maille. Il est donc important de bien regarder et de bien "viser" (si la rayure précédente est une rayure à "dlk", les bulles sont en quinconce).
     

tuto4

Contrairement aux apparences, le point n'est pas compliqué du tout. Le patron est très bien écrit et il est facile de le suivre ; il y a juste un petit tour de main à prendre pour les mailles relevées.

Alors, vous vous lancez ?

A bientôt, vale,

Christine

 

 

Posté par Christine 73 à 13:02 - Commentaires [20] - Permalien [#]



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